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60 ans après l’indépendance du Gabon, l’agriculture peine à décoller

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Le Gabon célèbre ce lundi 17 août le 60e anniversaire de son indépendance. Soixante ans après, le petit émirat pétrolier ne parvient pas à nourrir sa population. Quasiment tous les produits alimentaires sont importés des pays voisins. L’Europe et l’Amérique latine fournissent viandes et volailles surgelées alors que la Thaïlande inonde le pays en riz. Soixante ans après, pourquoi l’agriculture n’a pas décollé ? Quelles sont les perspectives d’avenir ?

Marché de fruits et légumes de Venez-voir. Antoine Moussavou est venu faire ses provisions. Il reconnaît que tout ce qui est vendu ici ou presque est importé du Cameroun :

« Les 80% des produits que nous voyons là sont importés. Nous voyons de la tomate, des oignons, de l’ail, des carottes, des poivrons, du gingembre, … Essentiellement du Cameroun. »

Selon la FAO, le Gabon consacre chaque année plus de 360 milliards de FCFA pour l’importation des produits alimentaires. La situation dure depuis des décennies. Economiste et ancien ministre de l’Agriculture, Raymond Ndong Sima a une idée sur l’échec de l’agriculture au Gabon :

« Ici l’agriculture est l’exemple même de ce qu’est le syndrome hollandais. Nous avons une matière première, le pétrole, qui a provoqué une monté des prix et qui a fortement pénalisé l’agriculture. Dans le même temps, les projets agricoles que nous avons eus et qui, je dois le rappeler, nous ont été fortement recommandés par les sociétés de conseil, notamment des sociétés françaises que nous avons payé à prix d’or. Ces sociétés ont bâti le projet sur des hypothèses de prix de valorisation des matières premières qui ne se sont pas réalisées. Et bien évidemment les conséquences ont été que ces projets ont fini par périclité et mourir les uns après les autres. Je crois que ce sont plus de 700 voire 800 milliards de FCFA que le Gabon a investi dans ces projets. »

Dans l’assiette des Gabonais, il y a tous les jours le riz importé de Thaïlande. Cette forte dépendance révolte la chercheuse Yonnelle Moukoumbi Déa. Depuis 3 ans, elle mène à Kougouleu, 60 km de Libreville, des recherches sur les semences de riz adapté au sol et au climat du Gabon.

« Il faut s’inspirer de tous les échecs et l’on s’est rendus compte effectivement que le goulot d’étranglement était la semence. Nous sommes donc obligés de travailler sur la semence de qualité parce qu’à elle seule elle compte pour plus de 40% de la production », explique-t-elle.

Yonnelle est convaincue que le Gabon peut devenir exportateur de riz :

« Très sincèrement, si le Gabon s’investit sérieusement et sincèrement dans l’activité rizicole, au bout de 5 à 6, nous deviendrons autosuffisants, même en exportant. »

Le rêve de Yonnelle est encore loin de la réalité. La volonté politique fait défaut. Les gabonais sont encore très attachés au confort des bureaux.

RFI

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