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À la Une: Alassane Ouattara rebat les cartes au sommet de l’État

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Le président ivoirien a procédé hier mercredi à un important remaniement ministériel. Officiellement, un réaménagement technique mais en fait, cette nouvelle valse ministérielle pourrait bien s’inscrire dans la perspective de la présidentielle d’octobre prochain, à laquelle, faut-il le rappeler l’actuel chef de l’Etat ne se présentera pas.

« À 5 mois de la prochaine présidentielle sauf cataclysme, Alassane Ouattara vient de procéder à un réaménagement technique du gouvernement pour mettre en place son équipe commando, relève le site d’information ivoirien Le Point Sur. Albert Toikeusse Mabri, président de l’UDPCI, l’Union pour la démocratie et pour la paix en Côte d’Ivoire, et 2e vice-président du RHDP, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix, est l’un des ministres qui paye cash les frais de ce réaménagement. »

Pourquoi ? Eh bien, répond Le Point Sur, « parce qu’il avait boudé en mars dernier le choix du candidat du RHDP à la présidentielle, à savoir le Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly. Depuis, il était dans le viseur des décideurs. Et, commente le site ivoirien, le jeu perfide auquel il s’est adonné avec le parti au pouvoir le rattrape. Un jeu qui pouvait s’accepter partout, mais pas dans une association disciplinée. »

D’ailleurs l’intéressé exprime son soulagement… « Je suis maintenant libéré », affirme Albert Toikeusse Mabri dans les colonnes de l’Infodrome. « Limogeage brutal, réaction immédiate, commente le site. Albert Mabri Toikeusse voit dans la décision du chef de l’État une occasion de lui rendre sa liberté d’action. Pour ainsi dire, il sort de la servitude du gouvernement et du RHDP pour mener désormais son combat, celui, de la fonction suprême. »

Les rangs présidentiels se clairsèment…

En tout cas, certes, le président Ouattara fait le ménage, mais il se retrouve esseulé… C’est du moins l’analyse du Pays au Burkina voisin : « le constat qui se dégage, c’est qu’après avoir rompu avec le PDCI-RDA de Henri Konan Bédié, ADO est en train de perdre des soutiens ou des militants et pas des moindres. On peut citer, entre autres, Guillaume Soro, récemment condamné à 20 ans de réclusion (par contumace), Marcel Amon Tanoh et désormais Albert Toikeusse Mabri, qui ne comptent pas pour du beurre. Ne s’achemine-t-on pas petit à petit vers une opération barracuda contre le RHDP ? L’avenir nous le dira. »

Amadou Gon Coulibaly toujours en piste ?

Pour Aujourd’hui, autre quotidien burkinabé, Alasane Ouattara continue de huiler la machine électorale… « Première leçon de ce lifting gouvernemental : bien que loin de la Côte d’Ivoire, en convalescence à Paris, Amadou Gon Coulibaly tient toujours son gouvernement, dont il est le primus inter pares. Et pour sa part, poursuit Aujourd’hui, le président ivoirien a voulu, en opérant ce jeu de chaises musicales, réaffirmer que son Premier ministre reste et demeure le cornac du RHDP pour la présidentielle dans 5 mois. La seconde leçon de cette pichenette ministérielle, pointe encore le quotidien ouagalais, est que Ouattara ouvre tous les fronts qui peuvent nuire à son ambition du 31 octobre. Et il n’y avait pas que Soro dans son viseur. Tous ceux qui ont des velléités ou qui contestent sournoisement ou ouvertement le cap du 31 octobre, tel que campé par Ouattara, passent à la trappe. »

Ou pas ?

Enfin, Jeune Afrique a une toute autre analyse… D’après l’hebdomadaire, le Premier ministre et dauphin présidentiel Amadou Gon Coulibaly serait lui aussi sur le départ… Jeune Afrique croit en effet savoir qu’Alasane Ouattara envisage de nommer un nouveau Premier ministre et successeur potentiel… Il s’agirait de Patrick Achi, secrétaire général de la présidence depuis janvier 2017. « Patrick Achi est devenu l’un des hommes de confiance du président, précise Jeune Afrique. Il connaît bien les grands dossiers et pilote notamment, depuis plusieurs années, l’Agenda 2030, la stratégie de développement du pays. »

Au sein du RHDP, il est chargé d’élaborer le programme d’Amadou Gon Coulibaly. Les deux hommes se connaissent très bien bien et « se vouent une confiance mutuelle », toujours selon l’hebdomadaire.

Alors Patrick Achi va-t-il prendre la place d’Amadou Gon Coulibaly ? Pour l’instant, rien n’est officiel…

RFI

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