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À la Une: IBK à l’hôpital

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L’information fait les gros titres de la presse malienne ce matin. « L’ancien président Ibrahim Boubacar Keita est hospitalisé dans une clinique privée à Bamako, rapporte le quotidien Malikilé, et son état de santé est stable, mais il pourrait être évacué à l’étranger pour y recevoir un traitement médical plus approprié. IBK aurait été victime d’un accident vasculaire cérébral, croit savoir le journal, sans grave conséquences et serait dans un état stable et conscient. L’ancien président malien était apparu faible ces derniers temps, précise encore Malikilé, notamment lors de la déclaration de sa démission le 18 août dernier et les inquiétudes n’avaient fait que grandir pendant sa détention dans la caserne de Kati à 15 kms de Bamako. […] La santé de l’ancien président était très fragile avant sa chute, donc. Les multiples voyages quasi clandestins qu’il effectuait à bord d’Air IBK One avaient pour objet des visites et autres contrôles médicaux. C’était là d’ailleurs un secret de polichinelle, pointe le journal, qui pose la sempiternelle question de l’omerta qui entoure la santé de nos gouvernants. »

AVC ou AIT ?

Pour sa part, L’Indépendant, autre quotidien malien, précise qu’IBK « est hospitalisé depuis mardi. D’après certaines sources, il se serait rendu à l’hôpital pour un contrôle de routine. D’autres sources indiquent qu’il a été plutôt victime d’un accident ischémique transitoire (moins grave qu’un AVC). Son dernier contrôle, prévu le 20 août à l’étranger, n’avait pu avoir lieu en raison du renversement de son régime intervenu le 18 août. »

Le 22 Septembre, autre publication bamakoise, parle également d’un accident ischémique transitoire : « de sources médicales, il y a plus de peur que de mal, affirme le journal. Le président IBK a tenu le coup et serait déjà rentré chez lui, à Sébénikoro. »

Coup de balai…

Sur le plan politique, en attendant les concertations nationales qui doivent démarrer ce samedi 5 septembre, la junte apparemment fait le ménage.

D’après plusieurs sites d’information maliens, plusieurs généraux auraient été limogés. Et le général Dembélé, dépeint par certains comme étant le véritable architecte du coup d’État, serait sur la sellette. Il serait devenu « encombrant » pour le colonel Goïta, le chef de la junte, et ses collègues. C’est du moins ce qu’affirme Le 22 Septembre, entre autres. Dans le même temps, précise encore le journal, la junte a procédé à 14 nominations à des postes stratégiques, militaires ou civils. Parmi les promus, un oncle du colonel Goïta, le colonel Kassoum Goïta, désormais en charge de la Sécurité d’État.

Pour Ledjely en Guinée, « ces nominations contredisent quelque peu les promesses des militaires de laisser aux forces vives maliennes décider de l’organisation et du contenu de la transition. De fait, pointe le site guinéen, pendant qu’ils répètent aussi bien aux Maliens qu’à la communauté internationale que ce sera au peuple de décider en toute souveraineté, les militaires s’évertuent à consolider leurs positions d’acteurs incontournables de la transition. Tout ce qui se fait depuis quelques jours renvoie à une manœuvre destinée à mettre les politiques et la société civile maliens devant le fait accompli. »

Quelle transition ?

En tout cas, pointe Info-Matin à Bamako, « deux semaines après le coup d’État, le Mali se cherche toujours un chemin. Si le Comité militaire pour le salut du peuple a entamé des concertations avec les acteurs politiques comme ceux de la société civile, rien de concret ne se dégage pour le moment : pas de gouvernement, pas de président de la transition, même si chacun des acteurs qu’il soit de la classe politique, de la société civile ou même du CNSP semble avoir son idée. »

Ce qui est sûr, poursuit Info-Matin, c’est que les appétits s’aiguisent : les appétits « des militaires qui ont parachevé l’œuvre des opposants du président IBK, ceux des contestataires regroupés au sein du M5-RFP et ceux des désormais ex-collaborateurs du régime tombé. »

Alors, estime Le Pays à Ouagadougou, le temps presse : « Rien ne sert de jouer la montre. Car, plus la junte traînera les pieds dans la mise en route de la transition, plus le doute s’installera dans les esprits. Aussi bien des Maliens qu’au sein de la communauté internationale. Et cela risque de compliquer davantage la situation. »

RFI

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