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À la Une: Lamine Diack condamné

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La presse sénégalaise estime que les juges français ont été très sévères. « La note est salée, s’exclame le site d’information Seneweb. L’ancien patron de l’athlétisme mondial, Lamine Diack (87 ans), a été condamné hier par la 32e Chambre du tribunal correctionnel de Paris à 4 ans de prison dont 2 avec sursis et 500 000 euros d’amende, pour corruption sur fond de dopage russe. »

« Le moins que l’on puisse dire, c’est que la peine n’a pas été légère », renchérit Dakar Actu.

« Comme pressenti Lamine Diack prend cher », insiste WalfQuotidien.

« Ses avocats annoncent la riposte », pointe pour sa part le quotidien Enquête. L’un d’entre eux, maître Simon Ndiaye annonce qu’il va faire appel de cette décision : « « Celle-ci est à la fois injuste et inhumaine, affirme-t-il. Elle est injuste parce qu’on voit que le tribunal cherche à faire de la politique. Il a voulu se servir de M. Diack comme un bouc émissaire ». La robe noire a aussi déploré l’attitude des juges de la 32e Chambre du tribunal de Paris, relève encore Enquête. Selon lui, les magistrats du siège n’ont fait que suivre à la lettre les réquisitions du parquet et occulté les arguments présentés par la défense. »

En outre, maître Ndiaye « a relevé plusieurs incohérences dans la décision condamnant l’ex-patron de l’athlétisme mondial : « le tribunal nous dit qu’il y a eu financement de campagne, mais il reconnaît, dans le même temps, qu’il n’a vu aucune trace de ce financement ». »

Un verdict « ignoble et raciste » ?

Vive réaction également dans les colonnes du quotidien 24 Heures de Boubacar Sèye, le président de l’organisation internationale de défense des migrants, Horizon sans frontières : « Boubacar Sèye juge ce verdict « ignoble et raciste ». « Aujourd’hui, c’est l’africanité de l’ancien président de l’IAAF qui a été jugée à Paris, estime-t-il, et non le citoyen du monde qui a dirigé, pendant 15 longues années, les instances de l’athlétisme mondial. Donc, aucune surprise, à la lecture de ce verdict, s’exclame encore Boubacar Sèye, quand l’on sait que les juges n’ont fait que suivre les réquisitions du procureur. Ce qui confirme la thèse du complot et de la conspiration », a-t-il lâché. Et de marteler, dans la foulée : « Lamine Diack est victime d’un non-droit ». Car, d’après Boubacar Sèye, « ce procès n’était qu’un complot visant à salir, voire diaboliser un continent qui regorge de potentialités ». »

Quelle est la part du politique ?

« En tout cas, avec une telle sentence, tout porte à croire que Lamine Diack portera sa croix jusqu’au bout, lance Le Pays au Burkina.

Il ne devra s’attendre à aucun salut avant que la procédure judiciaire n’aille jusqu’à son terme. Etant donné qu’il a été reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés, il risque de boire le calice de l’humiliation jusqu’à la lie, à l’instar de ses tout-puissants homologues de la Fédération internationale de football, qui ont été rattrapés par leurs magouilles et qui sont en train de méditer sur leurs actes, loin des stades et des sphères de décision du sport-roi. Cela dit, tempère Le Pays, on peut comprendre la démarche de ses compatriotes qui avaient tenté de voler à son secours par une pétition, car, au-delà de son âge et de sa personnalité, Lamine Diack est un symbole de réussite au niveau mondial pour le Sénégal. Toujours est-il que l’affaire avait entre-temps pris des allures politiques, tant il se susurrait que la manne financière de Lamine Diack avait profité à l’élection de Macky Sall sans que l’on ait pu faire la part du vrai et du faux dans ces allégations. »

« Calamiteux clap de fin »

Et Aujourd’hui, toujours au Burkina, de conclure : « C’est un calamiteux clap de fin de carrière. C’est l’infamie pour celui qui était qualifié de « génie » de l’athlétisme mondial et qui avait effectivement des qualités managériales et la vision, mais qui hélas a succombé au piège de la boulimie du pouvoir de l’argent. En nouant cette relation-sacrilège entre athlétisme et politique, il avait signé en même temps cette piteuse déchéance et il est dommage que ce mélodrame signe la retraite de M. Diack ! »

Et « Lamine Diack n’en a pas fini avec la justice française, relève Jeune Afrique. Avec son fils, il est mis en cause dans une seconde enquête à Paris sur des soupçons de corruption dans l’attribution des JO de Rio 2016 et de Tokyo 2020. Lamine Diack sera bientôt entendu dans ce dossier. »

RFI

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