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À la Une: les anti-troisièmes mandats maintiennent la pression

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« Comment gérer des crises pré et post-électorales inéluctables ? », s’interroge le quotidien Aujourd’hui au Burkina. Que ce soit en Côte d’Ivoire ou en Guinée, où le président sortant reste cramponné à son fauteuil…

En Côte d’Ivoire, pointe le quotidien burkinabé, « pas question de boycotter la présidentielle du 31 octobre, mais l’opposition se réserve le droit de faire tout son possible pour entraver ce scrutin par une désobéissance civile si la CEI et le code électoral ne sont pas chamboulés, si les grands juges du Conseil constitutionnel ne sont pas congédiés, si les proscrits politiques ne sont pas de retour au bercail et si Soro, Gbagbo et tous les autres recalés ne sont pas réinscrits sur le tableau de la compétition ! Dimanche à Abidjan, il y avait rassemblés les ouailles de Gbagbo, de Soro et toute la galaxie de Bédié, Toikeusse, bref tous ceux qui sont vent debout contre ce troisième mandat de Ouattara jugé illégal et inconstitutionnel. »

Et Aujourd’hui de pointer également la situation en Guinée : « Marches itératives et continuelles également dans ce pays prévues à partir du 29 septembre contre la volonté d’Alpha Condé de se maintenir au pouvoir : c’est ce qu’a annoncé le FNDC, le Front national de défense de la Constitution en ce début de campagne électorale pour le scrutin du 18 octobre. Le décor est donc planté à Abidjan comme à Conakry par deux oppositions qui veulent coûte que coûte barrer la route à Ouattara et Condé, lesquels n’entendent pas reculer. »

Contestations, récriminations, violences

« L’Afrique aux urnes : entre bons élèves et tripatouilleurs » : le magazine en ligne Enjeux africains fait le point sur les diverses présidentielles africaines cette année. Au total, dix présidentielles étaient prévues sur le continent. « Le Togo et le Burundi ont ouvert le bal, respectivement en février et mai dernier, le reste s’étalant tout au long de ce deuxième semestre 2020 : Burkina Faso, Centrafrique, Côte d’Ivoire, Ghana, Guinée, Niger, Tanzanie, Seychelles. (…) Des scrutins présidentiels qui riment fréquemment avec contestations, récriminations, voire violences post-électorales. Une situation encore aggravée ces derniers temps par la tentation de certains dirigeants cherchant à se soustraire à la limitation des mandats par des tripatouillages constitutionnels. Mais la situation varie d’un pays à l’autre, pointe Enjeux africains. S’il y a les premiers de la classe où les différents mécanismes démocratiques fonctionnent de façon convenable, il y a aussi les « cancres » où la situation reste aléatoire et dont le nombre tend à augmenter comme on le voit depuis une dizaine d’années. Une situation que dénoncent les organisations de la société civile sur le continent. Les consultations à venir permettront-elles à l’Afrique de gommer son image de mauvais élève de la démocratie ? », s’interroge le magazine qui répond : « Rien n’est moins sûr. »

« Pas des chefs de village, des chefs d’État ! »

Et puis encore un coup de gueule à ce propos de l’écrivain guinéen Tierno Monénembo. « Nous avons besoin de véritables chefs d’État, pas de chefs de village », dénonce-t-il dans un entretien au Point Afrique. Tierno Monénembo qui lance une pétition en ligne en appui à un texte-manifeste « Halte à la présidence à vie en Afrique » ; l’écrivain s’en prend particulièrement à Alassane Ouattara : « Sa candidature à la présidentielle du 30 octobre est choquante du point de vue de la morale comme du point de vue de la loi. C’est une violation flagrante de la Constitution, estime Tierno Monénembo, une provocation, un coup de poignard dans le dos de la démocratie. Alassane Ouattara aurait grandement servi l’Afrique s’il avait tenu sa promesse de ne pas briguer un troisième mandat. On croyait qu’il aurait laissé ce genre de mesquinerie à d’autres. Son profil universitaire et son bilan macroéconomique le prédisposaient à mieux faire. Désespérant ! S’exclame encore l’écrivain guinéen. Voilà qu’au lieu de donner le bon exemple, ce monsieur, que l’on prenait pour un véritable homme d’État, ouvre plus large encore la boîte de Pandore ! Ce geste funeste qui réjouit Alpha Condé tentera sûrement Macky Sall, Roch Kaboré et les autres ! Pauvre Afrique, conclut Tierno Monénembo, après la pandémie du coronavirus, celle du troisième mandat ! »

RFI

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