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À la Une: les répercussions économiques du Covid en Afrique

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« Avec le coronavirus, « tout s’est arrêté d’un coup » : l’Afrique pleure ses touristes disparus ». Constat établi par Le Monde Afrique. Et c’est là l’une des conséquences les plus visibles de la pandémie. « Les arrivées de voyageurs internationaux ont chuté de 57 % au premier semestre. La crise du secteur pourrait entraîner la destruction de 7 à 17 millions d’emplois en cette année 2020. »

Exemple au Sénégal : « Depuis six mois, relate Le Monde Afrique, Marcel Diouf se répète bravement la même phrase. « Ça va aller, Inch’Allah ». L’hôtelier sénégalais refuse de céder au catastrophisme, quand bien même son auberge située à Mbodiène, sur la Petite-Côte, à 100 km au sud de Dakar, reste désespérément vide. Tous les matins, le personnel ouvre les onze chambres, nettoie la cour, entretient la piscine. « Puis on se connecte sur Internet mais il n’y a aucune réservation, pas même de nos clients traditionnels de France et du Canada. La saison haute est pourtant censée commencer en octobre », raconte M. Diouf, qui avoue peiner de plus en plus à verser le salaire de ses sept employés. Les vols internationaux ont beau avoir repris à la mi-juillet au Sénégal, les touristes continuent de se tenir à distance, constate Le Monde Afrique, échaudés par l’évolution imprévisible de la pandémie de Covid-19 à travers la planète. Le pays connaît les mêmes déboires que ses pairs africains. Du Maroc à l’Afrique du Sud, du Cap-Vert à l’Éthiopie, le tourisme a connu un coup d’arrêt brutal et prolongé sur l’ensemble du continent. »

Le seul qui s’en sort : le secteur manufacturier

Un seul secteur semble épargné par la crise du Covid-19 en Afrique : le secteur manufacturier.

C’est ce que pointe Jeune Afrique : « Si cette crise touche quasiment tous les domaines de l’activité économique, le secteur manufacturier semble cependant moins touché que les services – notamment le tourisme et les transports –, ou que les matières premières. La Banque mondiale estimait même en avril que l’impact de cette crise sur la valeur ajoutée serait positif en 2020, avec un gain de +5 % pour la production du secteur manufacturier, en raison d’un remplacement des produits importés par des produits locaux. (…) Reste à savoir, s’interroge Jeune Afrique, si le secteur manufacturier africain fera preuve de résilience, à moyen terme, face à une crise d’une nature et d’une ampleur inédites. » Justement, il pourrait peut-être « bénéficier en partie du remplacement des produits importés par ceux issus de la production locale. »

Point de salut sans un secteur privé renforcé

Alors quelles solutions globales pour l’économie du continent ? Dans une tribune publiée par Le Point Afrique, plusieurs responsables économiques et politiques estiment que « l’Afrique doit absolument se donner les moyens de développer son secteur privé. »

Le constat est alarmant : « Si l’Afrique reste encore la première zone de croissance pour les années qui viennent, il n’y a point de doute qu’on est encore loin des conséquences économiques et sociales d’ampleur inédites prévues du fait de la crise sanitaire mondiale. La Cnuced, agence de l’ONU qui suit avec précision ces évolutions, anticipe déjà une baisse du PIB de 3,2 % à moins de 1,8 % en 2020 dans le meilleur des cas. »

Alors, estiment les auteurs de cette tribune, « face à l’affaiblissement de la demande mondiale et le tassement des productions industrielles, l’Afrique a plus que jamais besoin de mobiliser son exceptionnelle capacité d’innovation et le très dense tissu d’entrepreneurs qui irriguent le continent, et ce, sans attendre. Au-delà des conséquences immédiates de la crise, le véritable enjeu pour les dirigeants africains est celui de l’avenir proposé aux jeunes de 18 à 25 ans. »

Pour ce faire, trois axes : « La promotion des politiques publiques de renforcement de la participation du secteur privé dans les économies africaines » ; « une politique de formation intensive » ; et « l’augmentation de l’investissement du secteur privé dans des activités précises où l’Afrique a des avantages compétitifs – et où les besoins structurels sont immenses – tels l’agriculture, les infrastructures, l’énergie, l’eau et les services. »

RFI

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