Close

Assassinat de Français au Niger : l’EI est parvenu à se « régénérer », selon des experts de l’antiterrorisme

L’épave du véhicule après l’attaque dont six humanitaires français et leurs deux accompagnateurs nigériens ont été victimes, le 9 août, au Niger.

La brutalité des assassinats laissait peu de doutes quant aux motivations des assaillants. Plus d’un mois après l’assassinat, le 9 août, de huit personnes, dont six humanitaires français au Niger, l’organisation Etat islamique (EI) a attribué ces meurtres à sa branche ouest-africaine (Iswap) dans son hebdomadaire diffusé en ligne, Al-Naba.

La revendication, factuelle et rédigée sous forme de brève, évoque une « attaque éclair » qui a abouti à la mort de « six ressortissants de la France croisée » et de deux « apostats nigériens » tués par des « soldats du califat ». Un texte qui suggère que l’organe de propagande de l’EI n’a, a priori, qu’une connaissance vague des détails de l’opération. Ce qui pourrait expliquer le caractère tardif de cette revendication. Dans la semaine qui a suivi l’attaque, Al-Naba n’avait fait que signaler la mort des humanitaires et de leurs accompagnateurs. Sans plus de précisions.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Niger : ce que l’on sait de l’assassinat du groupe d’humanitaires dans la réserve de Kouré

La revendication de l’EI ne permet pas, à ce stade, de déterminer si l’attaque a été préparée ou si elle a été le fruit d’une rencontre fortuite entre un groupe armé itinérant et les huit victimes. On ne sait pas non plus si les assaillants ont fait allégeance à l’EI, avant ou après le massacre. Mais la photo qui accompagne la publication, parce qu’elle met en scène une exécution sommaire, permet d’écarter l’hypothèse d’un crime crapuleux ou d’une tentative de prise d’otages qui aurait mal tourné.

Rivalité meurtrière

Agées de 25 à 31 ans, les six victimes françaises travaillaient pour l’ONG Acted, où elles venaient notamment en aide aux populations déplacées. Le 9 août, les six jeunes humanitaires français, quatre femmes et deux hommes, leur chauffeur et leur guide avaient été interceptés par des « hommes circulant à moto », selon les autorités nigériennes, alors qu’ils se déplaçaient en 4 × 4 dans la réserve de girafes de Kouré, à 60 km de la capitale, Niamey. Une zone considérée à l’époque par les autorités comme assez sûre.

Quelques jours après le massacre, le ministre de l’intérieur nigérien, Alkache Alhada, avait annoncé qu’un suspect avait été arrêté, sans préciser son identité ni un lien quelconque avec un groupe armé. Une source judiciaire locale avait indiqué, le 12 août, que l’attaque paraissait « avoir été préméditée », avec pour objectif de « cibler les Occidentaux ».

Le Niger, à l’instar du Mali et du Burkina Faso voisins, est au cœur d’une zone écumée par des groupes djihadistes se revendiquant de l’EI ou de son rival, Al-Qaida. Une rivalité meurtrière qui voit les filiales des deux organisations djihadistes s’affronter dans le nord du Niger et le long de la frontière avec le Mali. Les combats des derniers mois entre l’Etat islamique dans le grand Sahara (EIGS, l’ancienne appellation des groupes se revendiquant de l’EI au Sahel) et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (ou JNIM, pour Jamaat Nusra Al-Islam wal-Muslimin), lié à Al-Qaida, ont été une des causes de mouvement d’unités de l’EIGS, qui aurait été en quelque sorte « poussé » vers d’autres zones que celles où il opérait habituellement.

Il vous reste 48.6% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Le monde

Laisser un commentaire

0 Comments
%d blogueurs aiment cette page :
scroll to top