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Au Sahel, les ONG locales, relais indispensables « là où plus personne ne peut mettre les pieds »

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A Agadez, au Niger, en octobre 2019, un membre d’une association locale d’aide aux Subsahariens qui tentent de traverser le désert. Sur son tee-shirt, ce message : « Migrant, ta vie compte, ne te mets pas en danger ».

A Intikane, dans le centre-ouest nigérien, Sourig Aboutali gère un lieu salvateur pour des milliers d’éleveurs maliens. Une zone d’accueil des réfugiés (ZAR) arrivés du nord du Mali qui s’étend sur des dizaines d’hectares pour permettre à leurs animaux de paître en toute quiétude. Mais cet espace est de plus en plus menacé alors que des incidents de toute nature se multiplient. « Fin mai, les djihadistes ont attaqué la base vie, ils ont détruit le système d’approvisionnement en eau, les antennes de communication et sont partis en tuant deux des leaders de la communauté », relate le gestionnaire de l’ONG nigérienne Adkoul qui a vu ses bureaux partir en fumée. L’organisation locale propose des services de santé, d’hygiène et d’éducation de base à 20 000 personnes et ce, à durée indéterminée, « jusqu’à la fin du conflit », explique Sourig Aboutali.

Episode 1 Périr ou laisser périr : l’impossible dilemme des humanitaires au Sahel

Les ONG locales, essentielles dans ces régions du Sahel, ne sont plus épargnées par les attaques, les enlèvements et les menaces des groupes terroristes. Selon l’ONU, plus de 250 enlèvements ont été enregistrés dans les zones frontalières en 2019. « Et cela va aller en s’aggravant, souffle Abdoulaye Alhassane, le directeur de l’ONG Adkoul. L’Etat islamique a annoncé qu’il ne ferait désormais plus de différence entre les ONG. Il considère à présent que les humanitaires locaux sont les alliés des internationaux et donc de Barkhane. » La ZAR, par exemple, est en grand partie financée par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR). Petites ou grandes, les ONG font pourtant valoir leur strict respect des règles de neutralité et d’impartialité dans les zones de conflits. En vain.

Aujourd’hui, presque plus aucune zone du Niger n’est à l’abri des attaques. Et le travail des humanitaires sahéliens dans les lieux les plus isolés et menacés se complexifie. « On a tous peur, même nous, les locaux. Avant, c’étaient les Occidentaux ou alors le matériel qui étaient visés, mais désormais nous sommes aussi devenus des cibles », se désole M. Aboutali.

« La base du développement »

Au Sahel, ces piliers locaux de l’aide humanitaire sont pourtant le dernier espoir de certains villages fragilisés par les pillages, les attaques et les problèmes préexistants. « Les ONG locales et les associations sont implantées presque partout, elles sont présentes là où plus personne ne peut ou ne veut mettre les pieds », rappelle Adamou Amadou Tidjani, coordinateur national de la communication de la Croix-Rouge au Niger.

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Le monde

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