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Au Soudan, un accord de paix historique entre le pouvoir de transition et des groupes rebelles

Le chef du Conseil souverain soudanais, Abdel Fattah Al-Bourhane ; le président du Soudan du Sud, Salva Kiir, et le premier ministre du Soudan, Abdalla Hamdok, le 31 août, à Juba.

Il y a plusieurs manières de compter le nombre d’années de conflit auquel la signature, lundi 31 août à Juba, de huit protocoles constituant un accord de paix vite qualifié « d’historique » entre le pouvoir de transition du Soudan et plusieurs groupes rebelles du pays, promet de mettre un terme.

Dix-sept ans depuis qu’est apparu, en 2003, un mouvement armé dans le Darfour (Ouest), entraînant une campagne contre-insurrectionnelle gouvernementale d’une violence telle qu’elle a causé la mort de 300 000 personnes, avant de laisser derrière un paysage de désolation à l’échelle d’une région grande comme la France, où plus de 2 millions des personnes chassées de leurs terres vivent entassées dans des camps ?

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Ou neuf années, depuis qu’en 2011 – à la suite d’un accord de paix concernant à l’époque la partie sud du pays, devenue au terme d’une sécession pacifique, le Soudan du Sud –, des rébellions avaient tenu tête au pouvoir dans deux régions, le Kordofan du Sud, et le Nil Bleu, toutes deux situées au sud de Khartoum, mais confrontées à des problématiques similaires à de nombreuses périphéries soudanaises ?

De toutes ces mesures de la durée des violences soudanaises, aucune n’est tout à fait exacte. Ces guerres, plus que des ruptures, ont été des continuités. Le Darfour avait déjà connu une floraison de mouvements rebelles avant 2003. Les monts Nouba, dans le Kordofan du Sud, ont été le théâtre, depuis les années 1990, d’une campagne militaire dévastatrice portée par un appel au djihad du pouvoir central, à Khartoum.

Des négociations à double tranchant

Entre-temps, cependant, une guerre soudanaise au moins avait pris fin, celle opposant le Nord et le Sud, entamée en 1955, un an avant l’indépendance et qui, d’accords de paix torpillés en reprises des combats, avait duré, malgré une petite décennie de pause, jusqu’en 2005, lorsque fut signé un accord global, complexe, qui allait ouvrir la voie de la sécession du Sud.

Le grand leader de la rébellion sud-soudanaise, John Garang, était contre cette partition du pays et appelait de ses vœux, au contraire, l’avènement d’un « Nouveau Soudan » dont l’objet était de renverser le pouvoir islamo-raciste de Khartoum et d’intégrer tous les peuples du pays dans une démocratie à caractère laïque. Il est mort dans un accident d’hélicoptère, juste avant la sécession.

Avec la signature lundi de l’accord à Juba, au Soudan du Sud, c’est un peu de sa prophétie qui prend corps. Entre-temps, il a fallu que soit renversé le régime du président Omar Al-Bachir, en avril 2019, après près de trente ans de règne et des millions de cadavres. Les protocoles paraphés par le pouvoir soudanais, en la personne du général Mohamed Hamdane Daglo « Hemetti », et plusieurs groupes armés regroupés dans le Front révolutionnaire du Soudan (SRF) seront-ils de nature à établir les bases d’un règlement pour le Darfour, le Kordofan du Sud et l’Etat du Nil Bleu ?

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Le monde

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