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Burundi: le président Évariste Ndashyimiye rencontre deux de ses prédécesseurs

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Le nouveau président du Burundi, Évariste Ndashyimiye, multiplie les consultations depuis son arrivée au pouvoir. Certains observateurs y voient un changement de style.

Domitien Ndayizeye et Sylvestre Ntibantunganya ont été reçus officiellement dans le palais présidentiel de Gitega, la nouvelle capitale du Burundi, ce lundi. Une absence a néanmoins été remarquée, celle du major Pierre Buyoya, déclaré « ennemi public numéro un » sous le régime de l’ancien président Pierre Nkurunziza, décédé de manière inopinée, il y a près de deux mois.

Sylvestre Ntibantunganya salue « une première » depuis quinze ans dans « la manière et la forme », et qui s’intègre, selon lui, dans une série de consultations du même genre menées par le nouveau chef de l’État burundais depuis qu’il est aux affaires. Responsables des partis politiques, les cinquante plus importants hommes d’affaires, les évêques catholiques puis anglicans du pays… le général Évariste Ndashyimiye a, en effet, multiplié les « prises de contact avec les forces vives de la nation », explique la présidence.

À chaque fois, le message est le même, selon son porte-parole, Jean-Claude Karerwa Ndenzako : « Que tous ces partenaires s’approprient la vision et le programme du gouvernement: Tout ce que tu fais pour moi sans moi, est contre moi. »

L’ancien président Ntibantunganya souligne également « un souffle nouveau » dans le discours sur la lutte contre la corruption ou encore le retour des réfugiés. Seul bémol pour le moment : le président du CNL, le principal parti d’opposition, demande dans un communiqué que « cesse la persécution de ses militants et sympathisants » par le pouvoir. Agathon Rwasa a exigé par la même occasion la libération de centaines d’autres personnées arrêtées depuis le début du processus électoral au Burundi.

Signes d’ouverture ?

Rencontre avec les forces vives de la nation, la Cour suprême qui casse un arrêt condamnant à 32 ans de prison un activiste de la société civile, ou encore des promesses de lutte contre la corruption et l’impunité, le pouvoir burundais a multiplié les gestes d’ouverture et d’apaisement depuis l’arrivée du général Evariste Ndayishimiye à la tête de l’Etat.

Mais il s’agit d’« une avancée à petit pas » selon des diplomates qui rappellent que le nouveau président « a misé d’abord sur la continuité et la stabilité du régime », en mettant en place un gouvernement dominé par les généraux issus de l’ancienne rébellion au pouvoir, dont il est membre. « Son objectif n’est donc pas de réformer le système Cndd-FDD, mais de l’améliorer », note l’un de ces diplomates.

Evariste Ndayishimiye vient d’hériter d’un Burundi devenu le plus pauvre du monde selon la Banque mondiale, 3 Burundais sur 4 vivent aujourd’hui en dessous du seuil de pauvreté. Problème : le pays est sous sanctions de l’Union européenne et ses états membres.

Le nouveau gouvernement veut donc renouer avec ses principaux bailleurs de fonds et il a multiplié là aussi les gestes d’ouverture et les contacts, le président Ndayishimiye vient d’ailleurs de recevoir tour à tour les ambassadeurs d’Allemagne, de Belgique, de France et de l’UE il y a deux jours.

« Gitega veut que l’on tourne définitivement la page, sans regarder en arrière », explique un diplomate, mais « il faudra pour cela des gestes plus concrets, notamment sur les questions des droits de l’homme », a-t-il prévenu.

RFI

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