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Cameroun – David Abouem À Tchoyi : « Aucun dialogue ne peut réussir sans compromis ni renoncement »

L’ex-gouverneur des régions anglophones camerounaises a animé la sous-commission sur la décentralisation lors du Grand Dialogue national. Neuf mois plus tard, il fait le point sur les engagements pris.

«C’est l’un des rares francophones à jouir d’un immense respect chez nous, les anglophones, surtout auprès des anciens qui l’ont vu à l’œuvre en tant que gouverneur des provinces du Nord-Ouest et du Sud-Ouest », lâche un avocat installé à Douala. À 76 ans, celui qui a aussi été ministre et secrétaire général de la présidence (1984-1985) s’est reconverti depuis trois décennies dans le conseil. Pour Jeune Afrique, il commente le processus de décentralisation engagé à l’issue du Grand Dialogue national.

Jeune Afrique : Vous étiez l’un des vice-présidents de la sous-commission sur la décentralisation lors du Grand Dialogue national (GDN). Près de neuf mois plus tard, les promesses de changement sont-elles tenues ?

David Abouem À Tchoyi : Certaines recommandations sont applicables à court terme, d’autres à moyen terme et à long terme, d’autres encore à très long terme. Il se trouve qu’à sa toute première session après le GDN – un mois plus tard à peine – le Parlement a adopté une loi portant code général des collectivités territoriales décentralisées. Nombre de recommandations du GDN ont été prises en compte.

On peut citer : la reconnaissance d’un statut spécial aux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, l’affectation d’au moins 15 % des recettes de l’État à la dotation générale de la décentralisation, l’adoption du principe de l’élection du « maire de la ville » à la tête de la communauté urbaine en lieu et place du délégué du gouvernement nommé par le pouvoir central, la création d’une école spécialisée dans la formation des cadres administratifs et techniques au profit des collectivités décentralisées, l’affirmation de l’exclusivité de l’exercice par les collectivités des compétences qui lui sont transférées, l’adoption d’un statut pour les élus régionaux et locaux, etc. Nous pouvons donc affirmer que les promesses de changement sont progressivement tenues.

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Jeune Afrique

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