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Centrafrique: le président Touadéra déclaré réélu, le scrutin déjà contesté

En Centrafrique, le président sortant Faustin-Archange Touadéra est déclaré réélu ce lundi 4 janvier dès le premier tour avec 53,92% des voix, selon les résultats provisoires globaux de l’ANE. Il devance Anicet-Georges Dologuélé qui totalise 21,01% des suffrages, et Martin Ziguele en troisième position à 7,46%. A noter que Jean-Charles Bokassa qui avait retiré sa candidature arrive en 8ème position avec 1,39% des voix.

Faustin-Archange Touadéra a été annoncé vainqueur de la présidentielle au premier tour par l’ANE, l’Autorité nationale en charge des élections en Centrafrique. Selon les résultats provisoires qui doivent encore être validés par la Cour constitutionnelle au plus tard le 19 janvier, le président sortant a été réélu loin devant Anicet-Georges Dologuélé et Martin Ziguele.

Concert de klaxons et chants dans le camp Touadéra

Les centaines de supporters présents devant le siège de Faustin-Archange Touadéra ont écouté l’annonce des résultats retransmise en direct par de grands haut-parleurs dans un silence tendu. À l’annonce de sa victoire, ils ont exulté et chanté dans un concert de klaxons, raconte notre correspondante à Bangui, Charlotte Cosset.

Des chanteurs étaient présents pour préparer l’ambiance depuis plusieurs heures. L’hymne de campagne « Touadéra doit rester » a été entonné et de grandes banderoles à l’effigie du président sont affichés devant le siège de campagne.

Je suis contente parce que je suis Centrafricaine. Nous voulons la paix dans ce pays et le président Touadéra est l’homme de la paix.

L’opposition conteste

Neuf candidats à la présidentielle ont saisi l’autorité en charge des élections (ANE) ce lundi 4 janvier. Ils dénoncent une série de « faits graves » ayant entaché « la transparence » du scrutin du 27 décembre et notamment le recours « massif », selon eux, au vote par dérogation, via des certificats signés par l’ancienne présidente de l’ANE. Ils demandent des explications.

Le leader de l’URCA Anicet Georges Dologuele, sorti 2e avec 21,01% des voix après le président Faustin Archange Touadera a déclaré ce matin lors d’une conférence de presse qu’il ne reconnaitra pas la victoire de son challenger.

Faustin Archange Touadera a été réélu au premier tour avec 53,92% des voix, secondé par Anicet Georges Dologuele qui conteste d’ores et déjà les résultats proclamés par l’Autorité Nationale des Elections (ANE).

Le chef de fil de l’opposition a pris position en ces termes :

Il y a 5 ans, j’avais reconnu la victoire de Faustin Archange Touadera moins d’une heure après l’annonce des résultats par l’ANE. Pourtant, je savais qu’il n’avait pas gagné. Cette fois ci, je ne m’associerai pas à cette escroquerie électorale. Je ne reconnais pas ces résultats.

Anicet Georges Dologuele affirme qu’il saisira la Cour Constitutionnelle conformément à la loi. Cette Cour devrait donner son verdict le 19 janvier 2021.

Me Crépin Mbouli Goumba, l’un des candidats à la présidentielle du 27 décembre 2020 a rejeté les résultats provisoires proclamés par l’Autorité Nationale des Elections (ANE) qui donne vainqueur le président Faustin Archange Touadera avec 53,92%. Crépin Mbouli Goumba est sorti 5e avec 3,16%.

J’ai parlé avec le Président Anicet Georges Dologuele, pour le féliciter. J’ai fait de même avec le Président Martin Ziguélé, également avec la plupart des candidats.

Personne ne nous empêchera d’exercer la plénitude de nos droits reconnus par la Constitution. Pas même l’extrémisme de quelques-uns, destructeurs de biens privés, terroristes intellectuels mais pas que, dont les méfaits ont poussé malheureusement certains de nos compatriotes dans de condamnables extrémités.

On ne gouverne pas contre la majorité, on ne gouverne pas contre le peuple. C’est une leçon éternelle.

Ce soir, je tiens à dire à toutes et à tous, que c’est maintenant que les choses sérieuses commencent. Et personne ne nous intimidera. Vive la République!

Insécurité

Car les élections se sont tenues dans un contexte marqué par l’insécurité dans une partie du pays, suite à la naissance d’une nouvelle coalition de rebelles avant le scrutin.

Les autorités centrafricaines accusent l’ancien président François Bozizé d’en être l’instigateur, lui dont la candidature pour cette présidentielle avait été rejetée par la Cour constitutionnelle. Lundi, le parquet de Bangui a d’ailleurs annoncé l’ouverture d’une enquête contre lui. La nuit précédant l’élection, François Bozizé a publiquement apporté son soutien aux rebelles, mais son partie nie qu’il en soit à la tête.

Les opposants demandent donc à l’Autorité en charge des élections plus de transparence sur le sujet. Ils lui demandent de fournir le nombre exact des certificats d’inscription et de radiation délivrés ainsi que les noms de leurs bénéficiaires et l’ensemble des bureaux de vote concernés. Ils souhaitent aussi que soient fournis aux représentants des candidats, les registres de dérogation tenus dans chaque bureau de vote.

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