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Centrafrique/présidentielle : le gouvernement accuse l’ex-président Bozizé de « tentative d’un coup d’Etat »


A une semaine de l’élection présidentielle centrafricaine, le gouvernement centrafricain, à travers son porte-parole Ange-Maxime Kazagui, a accusé samedi François Bozizé, ancien président dont la candidature à la prochaine présidentielle a été invalidée, d’une « tentative d’un coup d’Etat ».

M. Kazagui, également ministre de la Communication et des Médias, a fait cette déclaration via un communiqué après de multiples attaques de groupes armés dans l’ouest du pays qu’il a imputées à M. Bozizé et à ses complices, dont son neveu Maxime Mokom, pourtant actuel ministre centrafricain en charge du Désarmement, Démobilisation, Réintégration et Rapatriement (DDRR).

C’est ainsi que dernièrement, une benne du génie militaire qui participe à la réhabilitation du tronçon Bossembélé-Bossangoa dans l’ouest du pays a été prise pour cible par des rebelles. Le chauffeur, qui était un militaire, et trois gendarmes ont été tués, selon le même communiqué.

D’après M. Kazagui, il s’agit d’une tentative de déstabilisation des institutions républicaines par M. Bozizé qui veut mettre en cause la décision de la Cour constitutionnelle du 3 décembre dernier ayant invalidé sa candidature et entraver le processus électoral avec violences au détriment de la population.

C’est dans cette perspective que le ministre a annoncé que des casques bleus de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA) et des militaires des Forces armées centrafricaines (FACA) sont déployés sur le terrain dans le but d’empêcher cette tentative de déstabilisation des institutions et d’assurer la protection des populations.

Du côté de la MINUSCA, son porte-parole Vladimir Monteiro a indiqué que la mission était en « alerte maximale », que les casques bleus déployés dans les villes menacées ont dispersé les combattants qui étaient à plusieurs sur des motocyclettes entre Bossembélé et Bossemptélé, tandis que des moyens supplémentaires, même aériens, pourraient être de nouveau déployés.

« La MINUSCA note que, suite à l’invalidation de la candidature de l’ancien président Bozizé, et après ses récentes rencontres avec les trois groupes armés susmentionnés (3R, MPC, anti-balaka, ndlr), les incidents sécuritaires se sont multipliés et intensifiés », a affirmé la mission dans un communiqué publié samedi.

Ces trois groupes armés font désormais partie d’une nouvelle coalition dénommée Coalition des patriotes pour le changement (CPC). Créé jeudi dernier, ce mouvement regroupant en même temps l’ex-séléka et les anti-balaka, se positionne contre le pouvoir du président sortant et candidat à la présidentielle Faustin-Archange Touadéra.

M. Bozizé, qui avait été chassé par la coalition rebelle séléka en 2013 avant de regagner son pays en décembre 2019, a dit mardi dernier avoir accepté « sans réserve » le verdict de la Cour constitutionnelle ayant invalidé sa candidature à la présidentielle, appelant à un candidat unique de l’opposition pour contrer M. Touadéra.

Le premier tour de l’élection présidentielle se tiendra le 27 décembre prochain.

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