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Centrafrique/Université de Bangui : les astuces sont encore dans la nasse pour la reprise des activités scolaires


« Nous sommes prêts pour reprendre les cours à l’Université de Bangui. Mais c’est le gouvernement qu’on attend. Histoire de doter les enseignants et les étudiants en masques de protection qui n’arrivent pas ». (Dixit Laurent Syssa Magalé Recteur de l’Université de Bangui). Ces quelques mots du haut représentant des enseignants du supérieur dit beaucoup sur l’échec des scénarios de reprise des cours dans les écoles et autres institutions scolaires du pays. Le devenir des enfants en passe d’être hypothéqué.

Il est vrai que c’est à travers les études qu’on forme les jeunes et futures cadres du pays. Il est d’autant aussi vrai que la santé prime avant tout car, lorsqu’on est malade, on ne pourra faire de bonnes études pour devenir future cadre et relever le défi du développement du pays. Ces deux domaines sont aussi importants l’un que l’autre.

Que faudra-t-il alors faire en cette crise sanitaire avec le coronavirus qui a surgi comme un anthropophage, ravageant tout sur son passage, sans se soucier de ce qui devait et pouvait être épargné ? Le covid19 foudroie comme l’on ne s’y attendait pas et fait tellement de dégâts que tout le monde ne sait où se donner la tête pour trouver les scénarios plausibles qui soient viables, applicables afin de remettre les choses sur la bonne voie. Coronavirus fait tourner les têtes comme on observe dans les départements en charge de l’éducation nationale dont les cadres sont en ébullition juste pour chercher à sauver l’année académique 2020-2021.

Coronavirus ou pas, la survie scolaire des enfants de Centrafrique est une priorité qui doit rentrer en 1ère ligne de toutes les priorités. Donc, tout faire pour que les études reprennent à tous les niveaux, que les examens se passent tant bien que mal, pourvu qu’ils se déroulent néanmoins, est une exigence urgente du gouvernement centrafricain et de tous les responsables de l’éducation nationale quel que soit leur degré d’implication dans le fonctionnement du système.

L’heure est grave et il n’est plus question de se confondre en excuse comme le Recteur de l’Université de Bangui qui accuse le gouvernement de ne pas avoir vite mis à la disposition de son institution les « caches nez » indispensables pour la protection des étudiants et des enseignants, condition d’une reprise effective des cours à l’Université. Qu’est-ce qui ferait croire que si les cours reprenaient effectivement à l’Université et qu’on impose comme condition d’accès à tout étudiant le port de masque, chaque étudiant et enseignant ne ferait pas l’effort de disposer d’au moins un masque ? Il s’agit d’un problème de santé.

Tout un chacun en est très conscient au point de ne pas se mettre dans le rang de sa propre protection d’abord et de la lutte contre la propagation du covid19 en RCA. Certes, le gouvernement a promis la distribution gratuite des masques aux Centrafricains, mais devons-nous attendre l’arrivée de ces masques pour entreprendre quoi que ce soit ? Il convient de noter d’ailleurs, que depuis quelques décennies déjà, l’Université de Bangui accuse toujours un retard chronique sur les années académiques et l’avènement du coronavirus est venu aggraver cette situation déjà en état de nécrose.

Dans l’ancien temps, les cours démarraient à l’Université de Bangui comme dans les autres établissements scolaires de Centrafrique en octobre pour finir au plus tard en juillet. C’est pour cela que les années académiques s’entremêlent entre la fin de l’année qui s’écoule et la suivante. Au jour d’aujourd’hui, la rentrée académique officielle à l’Université de Bangui se déroule entre janvier et mars de la nouvelle année, soit entre 3 et 6 mois plus tard que ce qui se passe ailleurs.

Cette situation cause, de fait, une grave entorse dans la continuité de la chronologie normale des études et affecte des étudiants biens dévoués qui auraient pu finir en 3, 4, 5 ans leurs licence, master 1 et master 2 qu’ils achèveront au bout de 5, 6, voire 7 à 8 années plus tard alors que leurs collègues d’ailleurs qui ont eu le Baccalauréat dans la même période, auraient eu la chance d’avoir parachevé leurs études et obtenus les mêmes diplômes 2 à 3 ans d’avance. Du temps perdu inutilement à cause de l’inorganisation des dirigeants en charge du système scolaire en Centrafrique.

Au lieu de croiser les bras et attendre tout du gouvernement, les responsables de l’Université de Bangui tout comme ceux des autres établissements scolaires et particulièrement des ministères concernés, auraient mieux fait de réfléchir sur des scénarios efficaces et applicables qui puissent sauver bien des situations aussi bien dans cette seule et unique Université que dans les autres établissements scolaires du pays.

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