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Communales au Bénin : l’appel au boycott du Collectif pour la sauvegarde de la Démocratie

A peine le processus devant aboutir à l’organisation des prochaines élections municipales et municipales se met en place et des voix s’élèvent. Le collectif pour la sauvegarde de la démocratie au Bénin (Csdb) par l’entremise de la coordination générale de la résistance dans la diaspora dans une déclaration au sujet des élections communales, appelle le peuple béninois au boycott.

(Lire ci-dessous la déclaration du collectif)

PARTICIPER AUX ÉLECTIONS COMMUNALES ET MUNICIPALES DE MAI
2020 AU BÉNIN, C’EST LÉGITIMER ET CONSOLIDER LA DICTATURE DE L’AUTOCRATE
PATRICE TALON : LA DIASPORA APPELLE AU BOYCOTT.

Après la démonstration éclatante par les faits des élections
législatives exclusives du 28 avril 2019 qu’aucune élection démocratique,
crédible, digne de confiance, ouverte et transparente ne peut être tenue
librement sous une dictature et pour prévenir de nouvelles désillusions
électoralistes et leurs conséquences néfastes dans les conditions actuelles,
les démocrates et patriotes organisés dans la Résistance Béninoise dans la
Diaspora indiquaient dans leur déclaration du 11 février 2020, sur la situation
nationale, qu’aller aux Communales et Municipales du 17 mai 2020, c’est :

• « valider tous les crimes de sang résultant de la parodie
des élections législatives d’avril 2019 (cautionner les crimes perpétrés en
février, mai, juin 2019 et janvier 2020 dans plusieurs localités du pays :
Kilibo, Cadjèhoun, Tchaourou, Savè, Kandi…) ;

• valider la révision opportuniste et opaque de notre
Constitution ;

• valider toutes les lois drones qui tuent et emprisonnent
les opposants, journalistes, activistes du web et défenseurs des droits de
l’homme ;

• accepter la prise en otage de tous les secteurs vitaux de
notre économie par le pouvoir clanique et népotiste en place, de la classe
politique, des institutions de la République et du patrimoine national ;

• légitimer les députés nommés pour constituer le parlement
personnel de sang du pouvoir Exécutif ;

• cautionner les actions odieuses de ce régime dit de la
Rupture qui a défiguré et abîmé considérablement notre image et notre fierté
nationale. »

De fait, après les élections législatives non inclusives qui
ont permis au régime de nommer les 83 députés à sa dévotion et plonger le Bénin
dans une grave crise dont le pays n’a pas encore soldé les conséquences, le
dictateur Patrice Talon s’apprête à organiser une nouvelle mascarade le 17 mai
2020 dans le cadre des élections municipales et communales.

L’objectif principal réel de ces nouvelles élections et des
manœuvres puantes mises en œuvre pour y entraîner des traîtres et opportunistes
est de tenter de briser l’isolement du pouvoir autocratique du Bénin, de faire
croire à la communauté internationale que ces élections seraient ouvertes à
l’opposition, qu’il a surmonté la crise postélectorale née des élections
législatives d’avril 2019 dont tous les partis d’opposition avaient été exclus.

Pour cela, il lui fallait trouver un allié dans les rangs de
l’opposition. Certains responsables politiques de la direction de FCBE ont été
instrumentalisés afin de faire de ce parti, un faire-valoir et surtout une
caution. Il s’agira de démontrer à la communauté internationale que « le parti
Fcbe de Yayi a participé aux élections ».

Non seulement le pouvoir despotique de Patrice Talon s’est
assuré un contrôle total et exclusif de toutes les structures d’organisation,
de contrôle, de supervision  et de
validation des élections (CENA, LISTE ELCTORALE, COUR SUPRÊME…), il a inscrit
dans son code électoral la disposition que 
« seules les listes ayant recueilli au moins 10% des suffrages
valablement exprimés au plan national sont éligibles à l’attribution des sièges
» au plan communal. Ainsi, le pouvoir peut se permettre de désigner à sa guise,
à la place des électeurs des communes et municipalités, les maires et
conseillers qui vont administrer leurs cités. Aucune élection libre,
démocratique et transparente ne peut être organisée dans ces conditions et les
résultats de ces élections sont prévisibles.

Le pouvoir de la fausse Rupture placera ainsi qu’il l’avait
fait pour les députés godillots, ses thuriféraires à la tête des principales
villes du pays et tous ceux qui se réclament de la Résistance mais
entretiennent des illusions de victoire sur le dictateur et son parti unique à
multiples facettes, en seront pour leurs frais. Pire, ils auront fait le jeu de
Patrice Talon pour renforcer sa dictature autocratique.

C’est pourquoi, les Béninoises et Béninois de la Résistance dans
la Diaspora renouvellent encore leur appel pressant du 11 février 2020 en
invitant les partis politiques se réclamant de l’opposition à se démarquer
clairement de cette funeste entreprise et se garder de faire le jeu dangereux
de Patrice Talon en participant à la mascarade électorale du 17 mai 2020, de
cautionner et de légitimer ainsi une dictature autocratique.

Les Béninoises et Béninois de la Résistance dans la Diaspora
appellent le peuple béninois (avec tous les démocrates et patriotes fidèles à
ses intérêts supérieurs) à boycotter massivement les élections communales et
municipales du 17 mai 2020 sur l’ensemble du territoire national comme il a su
bien le faire lors des élections législatives exclusives d’avril 2019, car les
conditions ne sont nullement remplies pour des élections ouvertes,
transparentes  et crédibles.

L’urgence aujourd’hui, c’est le rétablissement de la
démocratie, de l’Etat de droit, des libertés fondamentales, la mise en place
d’une vraie Assemblée nationale au service de la République et non d’un clan
prédateur et la lumière sur les crimes contre l’humanité perpétrés par l’armée
et la police dans plusieurs localités du pays.

Mobilisons-nous par tous les moyens légitimes pour faire
échec à cette nouvelle imposture du 17 mai.

A bas la dictature autocratique de Patrice Talon !

Le peuple vaincra.

Paris, le 16 mars 2020

La Nouvelle Tribune

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