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En Afrique du Sud, les restaurants victimes de la crise

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En Afrique du Sud, les conséquences du coronavirus font des ravages au niveau de l’économie, et notamment du côté des restaurants et des bars des grandes villes. Reportage à Melville, un quartier de Johannesbourg jusqu’ici vibrant et animé, et où désormais les fermetures d’établissements se succèdent.

Sans ses tables, ses lumières, et ses odeurs de cuisine orientale, le restaurant de Gerald Elliot est désormais méconnaissable :

« Comme vous le voyez, on doit tout repeindre et enlever notre beau papier-peint. Il faut tout rendre en l’état au propriétaire pour que les futurs locataires puissent créer quelque chose de nouveau. »

Son restaurant Ba-Pita était une institution dans le quartier pour les adeptes de la cuisine du Moyen-Orient. Mais depuis la pandémie, la situation n’était plus tenable et Gerald a été forcé de mettre la clé sous la porte et de se défaire de ses 28 employés :

« Près de 45% de nos ventes reposaient sur le vin et la bière. Et 15 à 20% de nos clients étaient des touristes étrangers, de passage dans le quartier. Donc les perspectives étaient désormais très mauvaises lorsque l’on s’est penché sur les chiffres et on a dû prendre la très difficile décision de fermer. »

Gerald mise désormais sur l’ouverture d’une boutique dans un autre quartier. Mais à Melville, beaucoup cadenas sont désormais posés sur les portes et plusieurs restaurants et bars ont à leur tour annoncé leur fermeture permanente. Bianca travaille ici, dans un magasin de tatouages. Elle est navrée de voir la rue dans cet état :

« Melville était un endroit vibrant. Je sortais tout le temps ici, deux ou trois fois par semaine. Et ces endroits qui sont là depuis des années, à cause de quelques semaines de catastrophe, sont obligés de tout fermer. C’est vraiment très triste ! »

Un peu plus bas, un salon de thé-restaurant résiste à la crise et continue à ouvrir. Mais c’est de plus en plus compliqué pour son gérant, Savvas Spiridakos :

« J’espère que des temps meilleurs viendront, mais je sais que cela va être long. Déjà, avant le confinement, l’économie n’était pas en très bonne forme. C’est dur de survivre. On est en discussion avec le propriétaire pour faire baisser le loyer, pour que l’on ait les moyens de rester ici. »

En effet, le secteur va être touché pour longtemps, selon George Kershoff, directeur adjoint du Bureau de recherches en économie (BER) de l’université de Stellenbosch :

« Lors d’une de nos études, réalisée fin mai, l’indice de confiance des restaurants interrogés est tombé à zéro. On mène cette étude depuis 15 ans et on n’avait jamais vu une confiance aussi basse. Et je pense que même une fois le confinement derrière nous, la demande pour les services proposés par les restaurants sera faible. Car beaucoup de gens n’auront plus beaucoup de moyens, et manger à l’extérieur est un luxe. Cela devrait prendre plusieurs années au secteur pour s’en remettre. »

Les syndicats du secteurs craignent la perte de centaines de milliers d’emplois alors que le taux de chômage touchait déjà 30% de la population avant la crise.

RFI

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