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Érythrée: pas de rentrée des classes à l’école italienne d’Asmara

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                La prestigieuse école italienne d'Asmara, capitale de l'Érythrée, a été fermée durant l'été 2020, suite à un conflit entre le gouvernement érythréen et les autorités italiennes. Cette école avait été fondée pour et par les colons italiens au début du XXe siècle, mais était devenue, depuis l'indépendance en 1993, un établissement respecté où les élèves et les professeurs étaient majoritairement érythréens. Après la fermeture d'autorité des hôpitaux et dispensaires de l'Église catholique l'année dernière, c'est un nouveau coup dur porté à la coopération internationale dans ce pays fermé de la Corne de l'Afrique.
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                                    <p>C'est un beau bâtiment vert pâle du centre-ville d'Asmara, derrière le cinéma Roma, à deux rues du siège du gouvernement. Mais cette année, il n'y aura pas de rentrée des classes pour les élèves de l'école italienne, car la licence de ce prestigieux établissement plurilingue a été révoquée par le gouvernement érythréen durant l'été, fermant ainsi les portes, pour la première fois depuis sa fondation en 1903, d'une institution de cette ville exceptionnelle, classée au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 2017 et surnommée « la petite Rome » africaine.

Les raisons de cet ordre abrupt ne sont pas encore très claires. Le gouvernement érythréen, comme toujours très secret, n’a pas communiqué sur le sujet et le gouvernement italien, de son côté, n’a rendu public que ses efforts de dialogue diplomatique avec Asmara.

Cours à distance

Ce qui aurait rompu les fragiles liens de confiance, selon un connaisseur de l’affaire, serait la décision de la direction de l’école d’organiser des cours à distance, juste avant le confinement du printemps dernier. Cette décision aurait été prise sans l’aval des représentants de l’État érythréen, en contravention avec le mémorandum signé en 2012 entre Rome et Asmara. Et avant même que des mesures de restriction sanitaires n’aient été prises dans le pays.

Les relations entre l’Érythrée et son ancienne puissance coloniale s’étaient nettement dégradées après les arrestations des réformistes et des journalistes indépendants, lors de la purge de septembre 2001 et les violations des droits de l’homme à grande échelle commises dans le pays depuis cette date. Le mémorandum signé en 2012 avait été précisément l’aboutissement d’un effort de rapprochement entre les deux capitales.

Toujours est-il que les faits sont là. Les 1 200 élèves de l’Istituto Italiano Statale Omnicomprensivo di Asmara, à 90% érythréens désormais, devront être scolarisés ailleurs. Ce qui désole Niat, une ancienne élève de l’école dans les années 2000 et qui vit aujourd’hui à l’étranger. « Ça m’a brisé le cœur, raconte-t-elle. Parce que j’ai eu le sentiment que personne ne s’était battu pour les élèves. Ils ont été abandonnés. »

« On découvre le monde tous ensemble »

En évoquant l’enseignement dispensé dans cette institution, Niat évoque ses professeurs érythréens dévoués à leurs élèves, leur enseignant en italien et en tigrinya, la langue nationale. Et la curiosité aussi de ses amis inscrits dans les écoles publiques de la capitale, où la discipline est plus sévère et l’enseignement souvent de moindre qualité. « Pour ma part, je ne serais pas la personne que je suis sans cette école, explique-t-elle. On découvre le monde tous ensemble, on expérimente la vie tous ensemble. Les élèves et les professeurs sont comme des membres d’une même famille. »

Ce coup d’arrêt survient après la fermeture d’autorité, à la rentrée des classes de septembre 2019, des écoles de l’Église catholique. Fermetures qui succédaient à des mesures similaires prises les années précédentes contre les établissements de l’Église orthodoxe. Et en octobre 2017, c’était une école privée musulmane d’Asmara qui avait été violemment fermée par les autorités, provoquant une manifestation populaire inédite dans la capitale. Plusieurs responsables avaient passé des mois en prison et le célèbre fondateur de l’école était mort en détention.

Cette fois, le conflit autour de l’école italienne marque un moment où l’Érythrée exprime plus ouvertement sa mauvaise humeur envers les pays européens, qu’elle accuse de ne pas tenir les promesses de soutien politique faites à la conclusion tant attendue de la paix avec l’Éthiopie en 2018.

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RFI

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