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Joe Biden remporte l’élection présidentielle

(Washington) Le suspense vient de prendre fin. Le démocrate Joe Biden deviendra le 46e président des États-Unis, l’emportant contre le républicain Donald Trump, qui se voit refuser un second mandat.

C’est la Pennsylvanie qui a officiellement donné la présidence au Parti démocrate, alors qu’il avait déjà obtenu la majorité à la Chambre des représentants et que la course au Sénat demeure serrée, chaque camp en étant toujours à 48 sièges. Un peu après midi, il a aussi été annoncé que le démocrate avait remporté l’État du Nevada et ses six votes au collège électoral, portant son total provisoire à 290.

Biden a promis samedi d’être « le président de tous les Américains ».

« Je suis honoré et empli d’humilité par la confiance que les Américains m’ont fait ainsi qu’à la vice-présidente élue » Kamala Harris, a déclaré le président désigné dans un communiqué.

« Avec la campagne terminée, il est temps de laisser derrière nous la colère et la rhétorique enflammée et nous rassembler en tant que nation », a-t-il ajouté.

De son côté, la campagne de Donald Trump a accusé Joe Biden de se « précipiter pour se présenter faussement » en vainqueur de la présidentielle américaine malgré l’annonce de sa victoire par les grands médias américains, assurant que l’élection était « loin d’être terminée ».

« Nous savons tous pourquoi Joe Biden se précipite pour se présenter faussement en vainqueur et pourquoi ses alliés dans les médias tentent avec autant d’efforts de l’aider : ils ne veulent pas que la vérité éclate », a écrit le président américain sortant dans un communiqué. « Le constat simple est que cette élection est loin d’être terminée », a-t-il martelé.

Après un bon départ mardi soir, Donald Trump a vu l’aiguille pencher de plus en plus en faveur de son opposant démocrate, qui a finalement atteint le chiffre magique des 270 votes du collège électoral requis pour accéder à la présidence des États-Unis, samedi avant-midi.

Contrairement à Donald Trump en 2016, Joe Biden remportera selon toute vraisemblance le vote populaire, avec 50,5 % de votes, comparativement à 47,8 %.

Les yeux étaient rivés depuis mercredi, à l’aube, sur la Pennsylvanie (20 votes), la Géorgie (16 votes), l’Arizona (11 votes) et le Nevada (6 votes). Au fur et à mesure que le dépouillement s’y poursuivait, le vent tournait en faveur de Joe Biden en raison du vote postal qui a été beaucoup plus privilégié par les démocrates en cette pandémie.

Le candidat défait, ses fils, ainsi que ses fidèles du camp républicain (Lindsey Graham, Ted Cruz, Kevin McCarthy, Newt Gingrich) ont pour leur part continué à discréditer le processus électoral, vendredi, dans une avalanche commune de tweets.

« Où sont les bulletins de vote militaires manquants en Géorgie ? Que leur est-il arrivé ? », a écrit Donald Trump. « Avec ces attaques par les démocrates de gauche radicale sur le Sénat républicain, la présidence devient encore plus importante ! », a-t-il aussi lancé.

PHOTO MANDEL NGAN, AFPDonald Trump

Mais au lendemain du discours ponctué d’allégations non fondées livré dans une pièce de la Maison-Blanche, l’homme continuait de perdre des alliés au sein de son parti. Le sénateur Mitt Romney, candidat à la présidence en 2012, est venu gonfler ces rangs.

« Le président est dans son droit de réclamer des recomptages et des enquêtes sur des allégations d’irrégularités dans le vote là où il y a des preuves en ce sens […] », a-t-il noté dans un communiqué publié sur son compte Twitter.

PHOTO RICK BOWMER, APMitt Romney

Puis, le pot : « Il a tort de dire que l’élection était truquée, corrompue et volée — faire cela porte atteinte à la liberté ici et à travers le monde, affaiblit les institutions à la base de la République, et attise imprudemment des passions destructrices et dangereuses. »

Signe que Joe Biden se rapprochait de plus en plus de la victoire, les services secrets, qui sont chargés de la protection des personnalités importantes, ont renforcé dès vendredi les effectifs d’agents autour du démocrate dans son fief du Delaware, a rapporté le Washington Post.

Le candidat à la présidence américaine n’a pas crié victoire, mais la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a jugé vendredi évident qu’il allait « gagner la Maison-Blanche », le qualifiant même de président désigné.

Une course à finir au Sénat

Vendredi après-midi, le Parti démocrate et le Parti républicain avaient tous deux obtenu 48 sièges au Sénat, la majorité étant à 51.

Si chacun des partis décroche 50 sièges, le vote prépondérant appartiendra au vice-président du parti qui contrôle la Maison-Blanche.

La composition définitive du Sénat sera décidée en Géorgie, les deux sièges qui étaient en jeu dans l’État n’ayant pour le moment pas fait de vainqueur. Pourquoi ? Parce que dans cet État, il faut obtenir 50 % plus 1 voix pour l’emporter. Si aucun candidat ne décroche une majorité simple, un deuxième tour a lieu à l’hiver.

Dans l’un des deux cas, il est acquis qu’il faudra patienter jusqu’au 5 janvier pour savoir qui, du démocrate Raphael Warnock ou de la républicaine Kelly Loeffler, prendra le chemin de Washington. Dans l’autre lutte, avec 49,8 % des voix, le sénateur républicain sortant David Perdue devançait son rival démocrate Jon Ossoff (47,8 %) mais il n’atteint pas le seuil requis.

PHOTO DUSTIN CHAMBERS, REUTERSJon Ossoff

Notons que l’ex-astronaute Mark Kelly a remporté sa course vendredi contre Martha McSally en Arizona, ce qui fait de lui le 48e démocrate contre 47 sénateurs républicains pour l’instant. Mark Kelly est le mari de la républicaine Gabby Giffords, qui milite en faveur du contrôle des armes depuis qu’elle a été atteinte à la tête en 2011 lors d’une fusillade.

Les grandes villes, clés de la victoire

Au dernier décompte, M. Biden menait par près de 31 000 voix en Pennsylvanie et par plus de 22 000 voix au Nevada. Dans l’Arizona, l’avance du candidat démocrate était d’un peu plus de 20 000 voix vers 11 h, samedi.

Ce sont les grandes villes de Pittsburgh et de Philadelphie, où les démocrates ont largement voté pour lui et par la poste, qui ont permis à Joe Biden de combler l’écart qui le séparait de Donald Trump et de prendre la tête en Pennsylvanie vers 9 h vendredi matin.

En Géorgie, c’est aussi la grande ville, Atlanta, qui a donné des ailes au candidat démocrate.

Le secrétaire d’État de la Géorgie, Brad Raffensperger, a annoncé qu’il y aura un recomptage étant donné que l’écart entre les deux candidats à la présidence est de moins de 0,5 %.

À l’inverse de la Pennsylvanie et de la Géorgie, Donald Trump a bénéficié de la prolongation du dépouillement en Arizona. Dans cet État, il était en train de rattraper Joe Biden, risquant de faire perdre au démocrate les 11 grands électeurs que l’agence Associated Press et Fox News lui avaient attribués dès la nuit électorale, sur la base de résultats partiels et de modèles statistiques, une méthode habituellement sûre.

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