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Kenya: la Cour suprême demande la dissolution du Parlement pour non-respect de la parité

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                Le Kenya au bord d’une nouvelle crise constitutionnelle. Lundi 21 septembre, le président de la Cour suprême a demandé au chef de l’État de dissoudre le Parlement car il ne respecte pas la Constitution de 2010. Le texte prévoit qu’aucun sexe ne peut occuper plus des deux-tiers des sièges au Parlement. Or aujourd’hui, les femmes ne représentent que 22% des postes à l’Assemblée et 31% au Sénat. Le Kenya avait 5 ans pour se mettre en conformité. Plusieurs recours en justice n’ont rien changé, la demande du président de la Cour suprême a donc entraîné une onde de choc.
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                                    <p><em>Avec correspondant en Afrique de l’Est</em>, <strong>Sébastien Nemeth</strong> <em>à Naïrobi</em>

Au son des trompettes et des tambours, l’ONG FIBA a défilé mercredi 23 septembre dans les rues de Nairobi pour soutenir la demande du juge David Maraga et exiger la dissolution. La présidente de l’organisation, Anne Ireru, salue l’action du magistrat. Pour elle, il est temps que le Parlement se mettent en conformité avec une constitution adoptée il y a une décennie. « Enfin, nos prières ont été entendues. La dissolution et l’organisation de nouvelles élections donneront au Kenya l’opportunité d’élire des femmes et de fournir un espace où hommes et femmes pourront s’affronter sur une plateforme égalitaire, libre de tout biais et de toute discrimination. »

La lettre du juge suprême ne passe pas par quatre chemins. David Maraga accuse le Parlement de discrimination et de violer la Constitution. Rappelant que quatre Tribunaux avaient déjà demandé aux deux chambres de se mettre en conformité.

Relations tendues…

Si le chef de l’Etat, Uhuru Kenyatta, n’a pas encore réagi, tout le monde ne voit pas d’un bon œil l’action du juge suprême. Après une réunion extraordinaire de la Commission du Service Parlementaire, le président de l’Assemblée, Justin Muturi, s’en est pris au premier magistrat du pays. « Cette demande est malvenue, prématurée, et anticonstitutionnelle. Elle pourrait plonger le pays dans une crise constitutionnelle aux proportions monumentales. Et ce alors que deux procédures sont en attente devant la Haute Cour sur cette question. En attendant, nous appelons au calme et la sobriété, pour apaiser l’inquiétude nationale et les troubles qui pourraient survenir. »

La commission parlementaire va d’ailleurs lancer une procédure devant la Haute Cour, contre la décision du juge suprême, dont les relations tendues depuis longtemps avec le président Kenyatta, ne sont pas prêtes de s’arranger.

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RFI

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