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Kenya: perturbation des services publics après le blocage du financement des comtés

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                Le Kenya s’enfonce dans une crise politique qui risque de vite devenir une crise sociale. Selon la Constitution de 2010, le pays est divisé en 47 comtés qui doivent recevoir 15% des revenus de l’État. Or, trois mois après le début de la nouvelle année fiscale, l’argent n’a toujours pas été débloqué. Résultat : le Conseil des gouverneurs, organe représentant les comtés, a annoncé une suspension d’une partie des services publics.
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                                    <p>Avec notre correspondant à Nairobi,<strong> Sébastien Németh</strong>

« Où est notre argent ? », a demandé ce jeudi le sénateur Aaron Cheruiyot. Depuis des semaines, les débats sont houleux à la chambre haute. Les élus s’écharpent autour du nouveau projet de répartition du budget entre les 47 comtés. Ce texte prévoit de partager les sommes en fonction de la population. Certains sénateurs s’y opposent, craignant que les zones les moins peuplées, souvent les plus pauvres, soient lésées.

Face au blocage, le président du Conseil des gouverneurs, Wycliffe Oparanya, a donc annoncé la suspension d’une partie des services publics. Il a expliqué que certains fonctionnaires n’avaient plus de salaires, plus d’assurances. Des centres de santé n’avaient plus de médicaments. Une dette de 18 millions de dollars s’est accumulée auprès du fournisseur d’électricité. En conséquence, les services non essentiels sont suspendus.

Perturbations attendus

Le Conseil recommande aux employés de cesser le travail pendant deux semaines. Des perturbations sont donc attendues dans les hôpitaux, la construction des routes ou le ramassage des ordures. Une décision controversée à laquelle s’oppose une partie des élus comme Moses Wetangula, chef du parti FORD, qui accuse Wycliffe Oparanya d’abus de pouvoir. Le Conseil des gouverneurs n’est pas l’employeur des fonctionnaires. « Il ne peut même pas demander à un balayeur de s’arrêter de travailler », dit-il.

Certains ont pris une position plus neutre comme le sénateur Alfred Mutua. Ce dernier dénonce une crise déplorable. « Soixante ans après l’indépendance, nous ne sommes même pas capables de régler nos problèmes politiques et économiques », dit-il.

Mardi, le président Kenyatta a proposé une rallonge de 460 millions de dollars aux comtés pénalisés. Mais les sénateurs n’ont toujours pas réussi à s’accorder. En attendant le pays s’enfonce dans la crise.

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RFI

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