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Le Mali célèbre les soixante ans de son indépendance sans fastes

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                À Bamako, les cérémonies pour la fête d’indépendance ont eu lieu ce mardi matin. Et c’est le colonel Assimi Goïta, le chef de la junte, qui a présidé les festivités.
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                                    <p><em>Avec notre envoyée spéciale à Bamako</em>, <strong>Florence Morice</strong>

Le Mali célèbre ce mardi ses 60 ans. Une fête d’indépendance dans un contexte particulier, un mois après le coup d’État du 18 août qui a renversé l’ex-président IBK, et au lendemain de la désignation de Bah N’Daw, officier à la retraite et ancien ministre de la Défense, au poste de président de la transition.

L’investiture de celui-ci est prévue ce vendredi, et ce matin, Bah N’Daw n’était pas présent au défié militaire organisé à Bamako pour ce soixantenaire. On a noté en revanche la présence, en tenue militaire, du général Amadou Sanogo, auteur du putsch qui avait renversé Amadou Toumani Touré en 2012. Détenu pendant plus de six ans pour l’assassinat présumé de soldats anti-putschistes, il était resté très discret depuis sa libération provisoire en janvier dernier.

La cérémonie, ce mardi, a été plutôt sobre, surtout si on la compare à celles, grandioses, du cinquantenaire du Mali. Officiellement, on le justifie par le contexte intérieur mais également en raison de la pandémie de Covid-19. D’ailleurs, pratiquement tout le monde portait un masque.

C’est Assimi Goïta, chef de la junte qui a renversé l’ex-président IBK, qui a présidé ces courtes célébrations – moins d’une heure -, lui qui conserve le poste de vice-président dans la transition. Son intervention fut brève. Fidèle à sa réputation, Assimi Goïta n’est pas resté plus de quelques minutes à la tribune où l’attendaient les journalistes. Il a appelé les Maliens à l’« union sacrée » et à soutenir les forces armées étrangères présentes au Mali dans la cadre de la lutte contre le terrorisme : « Nous demandons à la population malienne de soutenir les forces armées de défense et de sécurité. Et c’est l’occasion aussi, pour moi, de demander à la population de soutenir nos partenaires, avec la force Barkhane, la Minusma, la force G5, la force Takouba. »

Un message pour la Cédéao

Un message qui n’est pas anodin quand on sait que la présence de militaires français et onusiens depuis sept ans au Mali est contestée par une partie de la population.

Le second message du colonel Goïta s’adressait lui à la Cédéao, qui avait donné jusqu’à aujourd’hui à la junte pour désigner un président et un Premier ministre civils sous peine de renforcer l’embargo en place depuis un mois. Pour le colonel Goïta, il est temps de lever ces sanctions : « Nous avons toujours placé l’intérêt supérieur du Mali. Nous n’avons jamais placé notre intérêt personnel. Raison pour laquelle nous avons accepté les principes de la Cédéao. À savoir, la désignation d’un président civil et la désignation d’un Premier ministre. Je pense que dans les jours à venir, la Cédéao doit enlever ses sanctions pour le bonheur de la population malienne. »

La Cédéao n’a pas encore réagi aux dernières annonces et notamment à la nomination d’un président de la transition. Une source au sein de l’organisation estimait hier que les choses allaient « dans le bon sens ». Mais la Cédéao attend avant de se prononcer le nomination d‘un Premier ministre civil.

L’ancien président du Nigeria attendu au Mali

Goodluck Jonathan, le médiateur, est attendu à Bamako mercredi soir et doit faire le point avec la junte jeudi. C’est à ce moment qu’elle devrait y voir plus clair, car il reste des étapes à franchir avant d’avoir une idée précise du visage qu’aura cette transition : la nomination du Premier ministre donc, mais aussi la répartition des postes clés au sein du gouvernement et enfin le partage des rôles entre le président et le vice-président, qui est donc le colonel Goïta, chef de la junte, et qui dans le projet de charte de la transition concentre énormément de pouvoirs. Trop pour la Cédéao qui a demandé une révision de ce document sur ce point.

À Accra, la semaine dernière, les chefs d’État de la sous-région avaient aussi exigé la dissolution de la junte, le Comité pour le salut du peuple, dès l’entrée en fonction de cette transition. Ce lundi soir, de nombreux observateurs craignaient encore que le choix d’un ancien militaire pour la présidence soit une manière déguisée de contourner cette exigence pour « garder la main ».

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RFI

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