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L’embargo de la Cédéao pénalise les éleveurs du Mali

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Le Mali possède l’un des plus importants cheptels d’Afrique de l’Ouest. C’est le deuxième pays d’élevage de la Cédéao. L’élevage y représente environ 17% du produit intérieur brut. Le problème, c’est que depuis le coup d’État militaire du 18 août dernier, la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest impose des sanctions au Mali : en dehors de certains produits de base, tous les échanges commerciaux sont suspendus avec le pays. Pour les éleveurs, qui vendent une grande partie de leurs animaux dans les pays voisins, le coup est très rude.

Le Sénégal, la Guinée, la Côte d’Ivoire, le Ghana, mais aussi le Niger ou le Burkina… Autant de destinations d’exportation dont les éleveurs maliens sont désormais privés. Au Garbal de Niamana, le plus grand marché à bétail d’exportation de Bamako, Alahidi Sagara fait grise mine. Il élève une quarantaine de moutons :

« Après l’embargo, je n’ai pas pu aller à l’extérieur (du pays, ndlr).

– Est-ce que du coup, vous essayez de vendre davantage au Mali ?

– Un peu, un peu seulement. Depuis l’embargo, je ne gagne plus rien.

– Ce que vous vendez au Mali, suffit-il à compenser les pertes ?

– Pas tellement… »

Les acheteurs sénégalais, ivoiriens ou guinéens qui arpentent habituellement les travées boueuses du marché à bétail ont déserté. Quelques dizaines de mètres derrière les enclos des moutons, des bergers rassemblent leurs vaches à coups de bâton. Maciré Niangadou en possède plus de 300. Après le Coup d’État militaire du 18 août, lorsque la Cédéao a suspendu tous les flux financiers et commerciaux avec le Mali, certaines de ses bêtes attendaient déjà à la frontière sénégalaise, prêtes à être vendues :

« Maintenant nous payons des pots-de-vin pour faire entrer les animaux. Des pots-de-vin. C’est soixante-quinze mille francs CFA pour un camion !

– Un camion de vaches ? Mais combien de vaches ?

– Un camion de 45 à 50 vaches, comme ça. »

Une manière de faire évidemment intenable sur le long terme. Depuis cet épisode, Maciré Niangadou ne prend plus la peine d’envoyer ses vaches à la frontière :

« On a dû faire ça pour faire entrer (au Sénégal, ndlr) les vaches qui étaient bloquées à la frontière. Il n’y avait pas d’autres solutions. Mais depuis, nous avons arrêté cette pratique. Le Mali est déjà en difficulté et si la Cédéao décrète un embargo, cela ajoute de la difficulté à la difficulté. La Cédéao doit comprendre que l’embargo joue essentiellement sur la population et non sur le régime. Maintenant si la Cédéao peut lever l’embargo, cela nous faciliterait les choses. »

Après l’or et le coton, l’élevage est le troisième produit d’exportation du Mali. C’est également une source de revenus pour plus de 30% de la population, selon les chiffres du Programme des Nations unies pour le développement.

RFI

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