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Les Industries chimiques du Sénégal, épine dorsale de l’économie du pays

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Les Industries chimiques du Sénégal (ICS), l’une des plus anciennes du Sénégal, était proche du dépôt de bilan il y a quelques années. Aujourd’hui, l’entreprise pèse plus lourd que jamais dans l’économie nationale. Mais ce succès est entaché d’accusations de pollution.

Les ICS, Industries chimiques du Sénégal, sont aujourd’hui le premier producteur d’engrais phosphatés d’Afrique subsaharienne, le troisième à l’échelle du continent. Pourtant, il y a six ans à peine, en 2014, l’entreprise était encore près de sombrer. Une dette colossale, qui atteindra 320 millions de dollars, lui vaut d’être sous concordat, une sorte de tutelle judiciaire. Elle est alors rachetée par le géant indonésien de la chimie Indorama, basé à Singapour et présent dans une trentaine de pays.

« L’effet est que dès 2015, la production de l’entreprise a commencé à reprendre, raconte Alassane Diallo, directeur général des ICS. Années après années, on a constaté un accroissement de l’activité et tous les engagements pris par l’entreprise au niveau des créanciers, ont pu être honorés. Indorama également a injecté des fonds pour réhabiliter les installations et permettre de produire plus et mieux ».

450 millions de dollars de chiffre d’affaires

L’année dernière, les ICS ont produit 1,7 million de tonnes de phosphate, transformé en acide et en engrais – la capacité totale est de deux millions de tonnes. La mine de phosphate se trouve dans la zone de Mboro, à une centaine de kilomètres de Dakar. Deux usines d’acide phosphorique sont localisées à Darou, dans la région de Thiès, et une usine d’engrais à Mbao, en banlieue de la capitale.

L’acide est essentiellement exporté vers l’Inde, les engrais sont destinés au marché national et à la sous-région. Les ICS sont ainsi devenues un poids lourd de l’économie sénégalaise. « Le chiffre d’affaires de l’entreprise tourne autour de 450 millions de dollars, il augmente, ce qui fait des ICS la principale entreprise pourvoyeuse de devises au Sénégal, assure Alassane Diallo. Nous jouons un rôle important et il y a un effet d’entraînement des ICS, car nous commandons pour plusieurs dizaines de milliards de francs CFA chaque année aux entreprises sénégalaises ».

Des accusations qui entachent la réussite d’ICS

Une réussite entachée par les plaintes récurrentes des populations riveraines. Beaucoup d’habitants déplacés pour l’installation et l’agrandissement du complexe industriel estiment avoir été mal indemnisés. Un différend de ce type oppose d’ailleurs actuellement le village de Tobène aux ICS. Il y a aussi les accusations de pollution avec des conséquences sur l’activité économique et même sur la santé des riverains.

► À lire aussi : Sénégal, un conflit foncier à Tobène entre ICS (phosphates) et la population locale

Demba Fall Diouf préside le réseau des personnes affectées par les opérations minières. Il explique qu’« il y a des fuites de gaz récurrentes qui polluent l’environnement et parfois même détruisent les cultures. Ça arrive souvent, la dernière fuite remonte à novembre 2019 qui avait détruit toute une zone de culture sans aucune indemnisation. Les problèmes de santé sont quotidiens. Les infections respiratoires et les maladies du cœur sont récurrentes ici », dénonce-t-il.

Des accusations « non étayées », selon l’entreprise. Les Industries chimiques du Sénégal indiquent par ailleurs avoir de nouveaux projets d’extension qui, parce qu’ils doivent encore faire l’objet de discussions avec l’État sénégalais, demeurent, à ce stade, confidentiels.

RFI

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