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« Les remises de dette des pays en développement ne doivent plus être considérées comme un drame, mais comme un partage des risques »

Tribune. Les plans de relance post-Covid 19 qui s’élaborent à travers le monde vont occasionner un alourdissement massif des dettes publiques. Les chiffres annoncés sont inédits : 100 milliards d’euros en France, 750 milliards à l’échelle de l’Union européenne, 2 000 milliards de dollars (1 700 milliards d’euros) aux Etats-Unis, 915 milliards d’euros au Japon. Les pays en développement et les économies émergentes ne sont pas en reste.

La Chine a annoncé un plan d’investissement de 480 milliards d’euros, l’Afrique du Sud chiffre son plan de dépenses anticrise à 24 milliards d’euros, le Mexique pense mobiliser 21 milliards d’euros, les Philippines 17 milliards. Et la liste est longue. La Commission économique pour l’Afrique évalue à 84 milliards d’euros (au minimum) la somme nécessaire pour relancer les économies africaines. A cause de la gravité de la crise sanitaire mondiale, les Etats ne vont donc pas hésiter à s’endetter massivement.

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La question de la soutenabilité de la dette colossale qui aura été accumulée ne se posera pas dans quinze, vingt ou trente ans, mais dès aujourd’hui. Il est important que les sociétés débattent – non pas uniquement des programmes – mais également de la manière dont elles comptent s’organiser pour rembourser les montagnes de dettes que leurs gouvernements accumulent pour sortir durablement de la crise du Covid-19. Sur ce point, l’équation à résoudre n’est pas la même pour les pays industrialisés et pour les pays en développement.

Des difficultés pour les pays en développement

Les pays riches bénéficient de conditions très favorables pour s’endetter sans trop craindre que cet endettement ne devienne insoutenable. L’appétence des marchés pour les actifs non risqués facilitent le placement des obligations d’Etat à des coûts très faibles. Les taux longs des obligations à long terme ont atteint des niveaux historiques bas. Les dettes resteront soutenables tant que les politiques quantitatives amorcées par les banques centrales au lendemain de la crise financière – notamment par des achats massifs de dettes souveraines – perdureront en soutenant les politiques budgétaires expansives.

Même si, compte tenu du régime d’inflation basse, les gouvernements ne peuvent compter sur une hausse du niveau des prix pour diminuer le ratio de la dette, ils profiteront des taux d’intérêt faibles pour refinancer les dettes qui arriveront à maturité et les rembourser grâce à la croissance future.

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Le monde

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