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Les villes chinoises préférées des commerçants et entrepreneurs africains

Si les Africains, toute catégorie confondue, sont éparpillées un peu partout en Chine, les commerçants et entrepreneurs africains eux préfèrent deux villes chinoises qui sont entre autres : Guangzhou photo et Yiwu. La raison est très simple. En effet, Guangzhou et Yiwu sont traditionnellement deux villes commerciales chinoises où les affaires (business) sont florissantes. En 2012, on estimait qu’il y avait plus de 100.000 Africains vivant à Guangzhou, majoritairement des commerçants et entrepreneurs. Xiaobei, également surnommée « Petite Afrique », dans le quartier central de Guangzhou, une mégalopole chinoise, où l’Oversea Trading Mall, un centre commercial, a longtemps été la destination préférée de milliers de commerçants d’Afrique subsaharienne en quête de bonnes affaires.

« Ces populations africaines sont regroupées en communautés. Par exemple, à Canton, qui est le noyau dur de l’immigration africaine, leur quartier a été baptisé Chocolate City. Au sein même de ce quartier, les migrants se sont eux-mêmes regroupés spontanément par nationalité dans des espèces de ghettos. »

La ville d’Yiwu est aussi l’autre ville peuplée d’Africains, très majoritairement des commerçants et entrepreneurs qui sont dans l’import-export et qui y viennent acheter des marchandises moins coûteuses pour aller les revendre en Afrique. Beaucoup d’autres y résident où ils entreprennent des affaires très rentables. Beaucoup d’entre eux ont des partenaires en Afrique ainsi que dans d’autres pays du monde. En décembre 2015, Le Président chinois Xi Jinping entreprenait sa deuxième tournée en Afrique au cours de laquelle il a dit : « Dans la province du Zhejiang où j’ai travaillé, se trouve une petite ville qui s’appelle Yiwu, surnommée ‘capitale de petits articles’, où habitent des milliers de marchands travaillant dans l’import-export sino-africain. »

Les autorités locales d’Yiwu estiment que près de 80.000 commerçants africains viennent à Yiwu chaque année, en plus de quelque 3.000 commerçants de plus de 50 pays africains qui se sont installés dans cette ville d’1,2 million d’habitants. Mais les experts disent que le nombre d’Africains vivant à Yiwu pourrait se monter à pas moins de 30.000.

Etablir un lien économique avec le pays d’origine à travers le transfert d’argent à sa communauté :
Bien que d’aucuns trouvent que les revenus de la diaspora sont souvent modestes au regard des standards des économies riches, et son épargne peut apparaître bien maigre compte tenu des besoins de financement du développement , il est indéniable que le potentiel économique de la diaspora joue non seulement un rôle essentiel dans le développement des pays de provenance des migrants , mais cette diaspora peut aussi jouer un rôle important dans la relance et la reconstruction des États fragiles.

D’où la volonté de plus en plus affirmée des gouvernements africains de reconnaître l’importance du rôle de leurs citoyens résidant à l’étranger ou « la nouvelle diaspora africaine » dans le développement national et régional. En effet, nous pouvons dire que l’une des idées vient en tête commerçants et entrepreneurs africains résidents dans ces deux villes chinoises est l’établissement ou le maintien de ce lien économique qui se tisse à travers notamment le transfert d’argent à leurs communautés respectives, à savoir leurs proches et leurs connaissances. Ces sommes d’argents, bien que maigres aux yeux de certains, peuvent avoir un impact économique sur leurs communautés.

En effet, ces sommes d’argents peuvent jouer un rôle central dans le financement des petits business entrepris par leurs proches qui sont restés au bercail et qui se démènent en entreprenant des petits commerces. A travers cela, ces derniers peuvent ainsi apporter leur pierre dans les édifices financiers familiaux et peuvent à leur tour aider, d’une manière ou d’une autre, leurs proches. Ils peuvent aussi financer les frais scolaires de leurs enfants, notamment les fournitures scolaires et autres. En dehors de leurs proches, certains peuvent transférer directement de l’argent à leurs connaissances (amis et autres partenaires) qui leurs aident à épargner ou entreprendre certaines activités lucratives qui peuvent à leur tour contribuer au développement économique de leurs communautés qu’ils partagent.

Certains de ces commerçants et entrepreneurs participent aussi à des tontines au bercail où l’argent économisé contribue au financement de certaines activités de leurs communautés et aussi à la construction de certaines infrastructures routières et scolaires.

Contribuer au développement de l’entreprenariat, à la stimulation de l’économie locale :
En dehors des transferts d’argents à leurs proches, les commerçants et entrepreneurs africains participent aux investissements dans des petites entreprises. En envoyant cet argent pour investir dans des petites entreprises, ils contribuent ainsi à la croissance économique de leurs pays. En effet, l’agent investi par ces commerçants et entrepreneurs contribuent à la création des activités dont l’économie a besoin pour sa stimulation.

Ainsi, dans un rapport publié par la Banque mondiale, il a été confirmé que la bonne dynamique des envois de fonds qui jouent un rôle important dans le développement du Continent. Ismail Ahmed, fondateur et CEO de WorldRemit, entreprise spécialisée dans l’envoi international d’argent en ligne a affirmé ceci : « Les envois de fonds sont trois à quatre fois plus importants que l’aide publique au développement » Cependant, malgré l’énorme potentiel que représentent les envois de fonds de la diaspora, les gouvernements africains, en manque d’initiatives d’exploitation idoine de ces fonds, n’arrivent pas à en faire une véritable source de financement pour leurs projets de développement.

Etablir un pont partenarial entre les deux pays :
Nombreux sont les commerçants et entrepreneurs africains qui résident en Chine, particulièrement à Guangzhou et à Yiwu, qui s’efforcent à établir, ou du moins, à créer une entreprise au bercail qui joue le rôle d’un partenaire. Cette initiative est là dès leur arrivée en Chine. Une fois que les affaires marchent comme ils l’avaient souhaité dès le départ, l’envie de créer une entreprise au bercail prend le dessus sur d’autres priorités. En effet, les marchandises sont moins chères en Chine, tandis qu’elles se raréfient en Afrique car cette dernière n’est pas en mesure de les produire. Par conséquent, la bonne méthode, selon eux, est de créer une entreprise au bercail qui joue le rôle de partenaire, à défaut de cela, de tout faire pour trouver un partenaire pour tisser un lien qui aboutira à l’écoulement des marchandises vers le bercail.

D’une part, cet acte peut être considéré comme une participation à l’économie locale, d’autre il permettra d’accroitre les investissements dans les petites entreprises et par conséquent de contribuer à la réduction du chômage. Au fait, l’entreprise crée au bercail sera comme un dépotoir où beaucoup de commerçants détaillants peuvent s’approvisionner et les marchands ambulants aussi peuvent prendre les marchandises à un prix fixe et essayer de gagner leurs parts en les vendant à un prix un plus élevé, mais raisonnable. Ainsi, il est clair et évident que la diaspora africaine, notamment ceux-là qui sont dans le monde des affaires, il s’agit, bien entendu, des commerçants et entrepreneurs, contribue à la relance, croissance économique de leurs pays d’origine.

Abdoulaye M’Begniga

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