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L’imam Mahmoud Dicko sur le plateau de l’ORTM1 : « Il faut se conformer aux exigences de la CEDEAO pour ne pas nous exposer à des sanctions »

L’autorité morale du Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), l’imam Mahmoud Dicko était l’invité de l’ORTM1. L’occasion pour lui d’appeler les nouvelles autorités à se « conformer aux exigences de la CEDEAO » pour ne pas exposer le peuple malien à des sanctions.

Tout faire pour épargner le peuple malien des sanctions de la communauté internationale, y compris la CEDEAO ; faire en sorte que tous les enfants du Mali se donnent la main pour la réussite de la transition ; poser les jalons d’une vraie réconciliation nationale. Tels sont, entre autres, les points défendus par l’imam Mahmoud Dicko sur le plateau de l’ORTM.

Pour l’imam Mahmoud Dicko, même si c’est le M5-RFP qui a commencé le combat contre le régime IBK et parachevé par les militaires, tout le peuple malien est concerné par ce changement. « Tous les enfants du Mali sont appelés à aller vers le changement. Moi, je ne suis qu’un élément », a-t-il laissé entendre. Pour lui, le Malien doit, désormais, avoir une nouvelle attitude dans son approche de gouvernance.

Si beaucoup attribuent le changement au M5-RFP et à la junte, l’imam l’attribue à tout le peuple malien. « Le M5 est un élément dans un ensemble. Personne, à lui seul, ne peut prétendre dire c’est lui seul qui peut faire le changement ou le Mali. C’est ensemble qu’il faut sortir de l’impasse », a-t-il prêché.

Parlant des divergences entre le M5-RFP et le CNSP, l’imam Dicko les trouve normales. « Les militaires, c’est des jeunes gens qui viennent de l’armée, qui viennent avec leurs idées, avec leurs projets, mais si ce n’est pas partagé par tout le monde, il peut y avoir de divergence, mais il n’y a jamais eu de rupture, il n’y a jamais eu de conflit. Il y a seulement de point de vue différent », a expliqué l’autorité morale du M5-RFP.

L’imam Mahmoud Dicko a profité de ce plateau pour réitérer son conseil à l’endroit de la junte et du M5-RFP. « La junte n’est pas venue parachever le travail pour ensuite s’accaparer du pouvoir et en faire ce qu’elle veut. C’est valable aussi pour le M5 », a-t-il martelé. Selon lui, le M5-RFP n’a pas combattu pour le régime IBK pour un poste. « Nous nous sommes battus, mais ce n’est pas pour se partager le pouvoir demain. On s’est battu pour le Mali, on s’est battu pour un idéal. On s’est battu pour qu’aujourd’hui, les Maliens se mettent ensemble, pas seulement le M5 ou la junte », a-t-il laissé entendre. Mais il sollicite à ce que le M5-RFP ne soit pas de côté dans la gestion de cette transition.

Il faut se conformer aux exigences de la CEDEAO 

Même si la position de la CEDEAO est beaucoup critiquée au Mali, l’imam Mahmoud Dicko trouve qu’il faut se conformer à ses exigences pour ne pas vivres les conséquences de ses sanctions. Dicko est favorable à ce qu’on confie la transition à un civil comme le recommande la CEDEAO. « Si la communauté internationale y compris la CEDEAO pense aujourd’hui que la présidence de cette transition doit venir à des civils, mais qu’on le donne à des civils », a-t-il proposé avant de laisser entendre que le Mali est rempli de cadres, d’hommes intègres. Pour Dicko, le Mali, ne pouvant pas supporter les sanctions, doit accepter de se soumettre aux exigences de l’institution. « Il faut se conformer aux exigences de la CEDEAO pour ne pas vraiment nous exposer à des sanctions. Pas seulement de la CEDEAO, mais aussi de la communauté internationale et de tous nos partenaires », entonne l’imam de Badalabougou. Il ajoute : « On rien à gagner en nous mettant sur le dos toute la communauté internationale. Nous avons besoin aujourd’hui de cette assistance, de ce soutien. Nous sommes un pays qui a un système fragile ». Il estime que le Mali qui n’a pas 75% de son territoire sous son contrôle a besoin du soutien extérieur.

Par ailleurs, l’imam Mahmoud Dicko trouve que la transition doit poser les jalons d’une réconciliation réelle, les jalons de trouver cette situation sécuritaire. « Aujourd’hui, nous devrons taire nos différences, faire violence sur nous et aller vers l’essentiel. C’est l’existence de notre pays qui en cause. L’essentiel aujourd’hui, c’est de se mettre ensemble », a-t-il prêché.

Boureima Guindo

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