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L’ONU dresse un bilan très critique de l’état des droits de l’homme au Soudan du Sud

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                C’est un rapport au vitriol qu’a présenté, ce mercredi, la commission onusienne des droits de l’homme sur le Soudan du Sud. Cet organe créé en 2016 a dévoilé les principales conclusions de sa dernière enquête au Conseil des droits de l’homme. Le résultat est sans appel : corruption endémique, violences, criminalité politique. Le tableau est sombre.
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                                    <p><em>Avec notre correspondant régional</em>,<strong> Sébastien Németh</strong>

Difficile de trouver de quoi être optimiste avec ce nouveau rapport de la commission onusienne. Au cœur des préoccupations de sa présidente, Yasmine Shooka, une corruption transformée en boulet traîné par tout le Soudan du Sud.

« Le Soudan du Sud est un pays où les vies sont détruites par une corruption financière atteignant un niveau très grave. Le pillage n’est pas seulement en lien avec la guerre. C’est plutôt aux racines du conflit. D’un côté, l’élite se bat pour le contrôle des ressources en pétrole et en minerais. De l’autre, les soldats ont l’opportunité d’enlever et violer des femmes à la place de leurs salaires », détaille Yasmine Shooka.

La commission décrit des détournements « éhontés ». Près de 36 millions de dollars dérobés par des politiciens et des membres du gouvernement depuis 2016, 3 millions disparus des caisses du directorat de l’immigration et même 300 millions perdus en seulement trois derniers mois, selon un rapport de l’agence des impôts. Des malversations aggravant un contexte déjà très délicat. Yasmine Shooka évoque désormais de possibles émeutes de la faim.

« Le manque de progrès menace la paix »

La commission documente aussi les violences, la haine religieuse, ethnique, les crimes sexuels, l’application moribonde de l’accord de paix. « Chaque année, je parle de l’accord de paix. Mais soyons honnête, il est loin d’être revitalisé. L’application de certains passages clés est à l’arrêt. Le manque de progrès menace la paix », prévient Yasmine Shooka.

Le ministre sud-soudanais de la Justice a reconnu un bilan mitigé concernant les droits humains, mais il a déclaré que les violations avaient été fortement réduites avec la création de nouvelles institutions judiciaires. Quant à l’économie, la collecte des revenus se modernise, a expliqué Reuben Mado Arol, avec une meilleure surveillance des transactions. En conclusion, il a demandé aux partenaires internationaux de continuer à soutenir le pays, malgré tout.

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RFI

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