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Mali: la Minusma enquête sur les morts lors des manifestations et pendant le coup d’Etat

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                Les questions s’accumulent sur la transition politique, sur les évènements de ces dernières semaines, et sur les circonstances dans lesquelles des Maliens ont été tués. Que ce soit avant le coup d’État, lors de la répression des manifestations par le régime alors en place, mais aussi pendant le putsch, lors de la journée du 18 août. La division droits de l’homme de la Minusma, la mission de l'ONU dans le pays, a lancé deux enquêtes pour tenter de lever les interrogations. Ces enquêtes ne sont pas encore achevées mais RFI a eu accès à une première partie des conclusions.
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                                    <p><em>Avec notre envoyé spécial à Bamako,</em> <strong>David Baché</strong>

Trois morts à Kayes, un à Sikasso, quatorze à Bamako, et plus de 150 blessés. Voilà le bilan de la répression des différentes journées de manifestations qui ont précédé la chute de l’ex-président Ibrahim Boubacar Keita, selon les recoupements effectués par les enquêteurs de la Minusma, la force de l’ONU dans le pays. Ils ont été victimes de différentes forces de sécurité maliennes : police, gendarmerie et Forsat, la force antiterroriste, dont les enquêteurs onusiens questionnent l’utilisation.

Une seconde enquête concerne cette fois les victimes de la journée du coup d’Etat : alors que les militaires du CNSP se félicitaient d’avoir réussi un coup « sans effusion de sang », les enquêteurs onusiens recensent une quinzaine de blessés et quatre morts. Trois ont été tués devant le ministère du Budget, un au domicile de Karim Keïta, le fils du président déchu IBK et ancien député en charge de la commission Défense de l’Assemblée nationale malienne.

Ce sont des éléments de la Garde nationale, déployés par la junte, qui auraient tiré sur eux. « Peut-être pour tenter d’éviter les pillages », glisse un enquêteur, qui attend toujours les explications de la junte.

Libérations suspectes

La Minusma souhaite aussi entendre le CNSP sur la libération de 17 détenus de la maison d’arrêt de Bamako, le jour du coup d’État. Parmi eux, « beaucoup de policiers accusés de complicité de terrorisme » : destruction de preuves, dissimulation d’armes… Deux de ces quinze détenus libérés de façon extra-judiciaire sont à nouveaux derrière les barreaux. L’un d’entre eux se serait rendu volontairement, l’autre a été repris par la gendarmerie.

Huit autres personnes, des militaires, auraient également été libérés. Ils étaient quant à eux détenus au Camp 1 de la gendarmerie de Bamako. Ils avaient été arrêtés « cette année » et étaient sous mandat de dépôt pour tentative de coup d’Etat.

Ces libérations ont-elles été organisées sciemment par la junte, ou des officiers ont-ils profité de la confusion de la journée pour procéder d’eux-mêmes à ces libérations ? Les enquêteurs de la Minusma attendent encore des éclaircissements, mais assurent que le CNSP « collabore » aux enquêtes en cours avec « bonne volonté. »

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RFI

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