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Maroc : incompréhension après le maintien du pays sur la « liste grise » des paradis fiscaux

Le nouveau quartier d’affaires Casablanca Finance City, au Maroc, en novembre 2019.

Les milieux financiers marocains ont retenu leur souffle, espérant une bonne nouvelle. Mais le verdict est tombé début octobre : le Maroc figure toujours sur la « liste grise » des paradis fiscaux établie par l’Union européenne (UE). Si le pays a supprimé les pratiques considérées comme « dommageables » par le Conseil de l’UE, la réforme du régime fiscal de Casablanca Finance City (CFC), ultime étape de sa mise en conformité, n’a toujours pas été examinée par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Le statut CFC, créé en 2010 pour faire de Casablanca un hub financier en Afrique, a donné droit à des incitations fiscales jugées anticoncurrentielles par l’UE. Le décret-loi apportant les modifications pour se conformer aux normes internationales est bien entré en vigueur, mais l’OCDE n’a pas tenu de session depuis février à cause des perturbations liées au Covid-19. Il faudra donc attendre la prochaine mise à jour, en février 2021, pour espérer une sortie de la liste. « Comment croire à une raison liée au calendrier ? Comment cela se fait-il que deux commissions qui travaillent sur le même sujet ne se coordonnent pas ? C’est trop gros. La réalité, c’est que l’UE veut maintenir un moyen de pression sur le Maroc », défend l’économiste Najib Akesbi.

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En 2017, au lancement du fichage par l’UE, Rabat avait échappé de justesse à la liste noire des juridictions aux pratiques fiscales « opaques ». Le Maroc s’était alors retrouvé sur une liste grise d’une quarantaine de juridictions ayant pris des engagements forts pour changer leurs législations. Un enjeu de taille alors que l’UE est le premier partenaire commercial du Maroc. « Cela illustre le rapport de forces : le Maroc a accepté d’inscrire son schéma de développement dans celui de ces pays-là. Et il est devenu dépendant de la perception qu’ont les investisseurs internationaux », ajoute Najib Akesbi.

Depuis une vingtaine d’années, le royaume mise sur l’offshoring et une fiscalité amoindrie pour stimuler les investissements étrangers et attirer les gros industriels internationaux, comme Renault et PSA. L’objectif est de créer de l’emploi dans un pays où le taux de chômage des jeunes urbains dépasse 25 %. Pour mettre un coup d’accélérateur, des zones franches se sont multipliées à travers le royaume, de Tanger à Rabat en passant par Kénitra et Oujda, autorisant les entreprises qui s’y installent à bénéficier d’avantages fiscaux.

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Le monde

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