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Méga-barrage de l’Ethiopie sur le Nil : Comment va-t-il se remplir ?

Le grand barrage de la Renaissance éthiopienne (Gerd) photographié en septembre 2019Copyright de l’image
Reuters

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Cette photo montre le barrage à la fin de la saison des pluies de 2019.

Les images satellites prises entre le 27 juin et le 12 juillet 2020 montrent une augmentation constante de la quantité d’eau retenue par le nouveau méga barrage, qui chevauche le Nil Bleu en Ethiopie.

Cela a provoqué la colère de l’Égypte et du Soudan, les deux pays situés en aval du Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (Gerd), car le calendrier de son remplissage doit encore être arrêté alors que les négociations sont dans l’impasse.

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A large reservoir is beginning to form behind the dam

12 July 2020

Satellite image showing the River Nile from above in northwestern Ethiopia, 12 July

26 June 2020

Satellite image showing the River Nile from above in northwestern Ethiopia, 26 June

Les médias d’État en Éthiopie ont fait marche arrière après des rapports qui laissaient entendre que le barrage était rempli délibérément.

Mais tout cela donne la fausse impression que remplir le barrage serait comme remplir une baignoire – et que l’Éthiopie peut ouvrir et fermer un robinet à volonté.

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Ne peut-on pas l’arrêter ?

Non. Le réservoir situé derrière le barrage se remplira naturellement pendant la saison des pluies en Éthiopie, qui commence en juin et dure jusqu’en septembre.Étant donné le stade d’avancement de la construction, « rien ne peut empêcher le réservoir de se remplir jusqu’au point bas du barrage », a déclaré à la BBC le Dr Kevin Wheeler, qui suit le projet Gerd depuis 2012. Un projet de construction dont le budget s’élève à 4 milliards de dollars.

Depuis le début du processus en 2011, le barrage a été construit autour du Nil Bleu, qui continue de couler à travers l’énorme chantier.

A regarder :

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La construction du plus grand barrage hydroélectrique d’Afrique suscite des conflits

Les constructeurs ont travaillé sur les vastes structures de chaque côté du fleuve sans aucun problème. Au milieu, pendant la saison sèche, le fleuve a été détourné par des ponceaux, ou des tuyaux, pour permettre la construction de cette section.Le bas de la section du milieu est maintenant terminé et la rivière coule actuellement par des canaux de dérivation au pied du mur.Comme l’impact de la saison des pluies commence à se faire sentir sur le site du barrage, la quantité d’eau qui peut passer par ces canaux sera bientôt inférieure à la quantité d’eau qui entre dans la région, ce qui signifie qu’elle remontera davantage et s’ajoutera au lac qui se trouvera derrière le barrage, explique le Dr Wheeler.Les autorités éthiopiennes peuvent fermer les vannes de certains canaux pour augmenter la quantité d’eau retenue, mais cela ne sera peut-être pas nécessaire, dit-il.

Quelle est la prochaine étape ?

La première année, le Gerd retiendra 4,9 milliards de mètres cubes d’eau, l’amenant jusqu’à la hauteur du point le plus bas du mur du barrage, ce qui permettra à l’Ethiopie de tester le premier ensemble de turbines. En moyenne, le débit annuel total du Nil bleu est de 49 milliards de mètres cubes.

Pendant la saison sèche, le lac va se retirer un peu, ce qui permettra de construire le mur du barrage et, la deuxième année, il conservera encore 13,5 milliards de mètres cubes d’eau.

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À ce moment-là, le niveau de l’eau devrait avoir atteint le deuxième ensemble de turbines, ce qui signifie que le débit de l’eau pourra être géré plus facilement.

L’Éthiopie affirme qu’il faudra entre cinq et sept ans pour remplir le barrage jusqu’à sa capacité maximale de 74 milliards de mètres cubes pendant la saison des crues. A ce moment, le lac qui sera créé pourrait s’étendre sur quelque 250 km en amont.

Entre chaque saison de crues suivantes, le réservoir descendra à 49,3 milliards de mètres cubes.

Alors pourquoi l’Égypte est-elle malheureuse ?

L’Égypte, qui dépend presque entièrement du Nil pour ses besoins en eau, s’inquiète du fait que la plupart des années de remplissage, un volume spécifique n’est pas garanti.

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Le Soudan et l’Égypte s’inquiètent du débit du Nil durant les années de sécheresse

Et une fois la phase de remplissage terminée, l’Ethiopie hésite à se limiter à une quantité d’eau pré-établie à libérer car, une fois pleinement opérationnel, le barrage deviendra la plus grande centrale hydroélectrique d’Afrique.

Les années de précipitations normales ou supérieures à la moyenne ne devraient pas poser de problème, mais l’Égypte est inquiètes quant à ce qui pourrait se passer lors de sécheresses prolongées qui pourraient durer plusieurs années.

BBC

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