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Moscou ne se presse pas pour féliciter Joe Biden, « le candidat le plus dangereux »

Les médias russes ont accordé une place importante aux accusations de fraude brandies par Donald Trump et au « chaos » américain.

Après la prudence, la précipitation. Pendant plusieurs jours, le temps diplomatique avait semblé suspendu devant le spectacle complexe du dépouillement électoral aux Etats-Unis. L’annonce par les principaux médias américains, samedi 7 novembre, de la victoire finale de Joe Biden a provoqué une pluie de félicitations sur Twitter. Encore une originalité dans ce scrutin hors normes : les chancelleries n’ont pas attendu que le perdant, Donald Trump, reconnaisse sa défaite, selon l’usage. Elections américaines 2020 en direct : Joe Biden revendique la victoire et s’engage à être « un président qui rassemble et non qui divise »

Le soulagement et la volonté de tourner la page sont évidents chez les Européens. Ils ont été les plus prompts à réagir, par la voix d’Emmanuel Macron, de la chancelière allemande, Angela Merkel, du premier ministre britannique, Boris Johnson, ou encore de la chef de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Au cœur de leurs espérances : la revitalisation de la relation transatlantique, dans un contexte forcément différent de l’ère Obama. Les Européens veulent affirmer leur souveraineté et ne pas se laisser piétiner dans l’affrontement sino-américain. Ces résolutions tiendront-elles, une fois Donald Trump hors de vue ?

Enjeux majeurs

Au-delà de ce feuilleton politique américain fascinant, les enjeux de ce scrutin sur le plan international étaient majeurs. Encore plus qu’à l’accoutumée, est-on tenté de dire, en raison des dérèglements du monde et de la crise sanitaire. Mais les Européens sont conscients des immenses difficultés qui attendent Joe Biden : un pays fracturé et dévasté par le Covid-19, la perte de crédibilité américaine sur la scène mondiale, un Sénat pouvant demeurer républicain…

Les Européens ont observé le scrutin américain comme un test historique pour une démocratie sous haute tension, pouvant livrer des enseignements importants dans la lutte contre les mouvements démagogiques populistes. Le taux de participation est « historiquement élevé, malheureusement la polarisation aussi, a noté, le 5 novembre, le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas. C’est pourquoi il est important que tous les responsables politiques (…) créent la confiance dans le processus électoral et les résultats. »

Samedi, la chancelière Angela Merkel a félicité Joe Biden en notant : « Notre amitié transatlantique est irremplaçable si nous voulons maîtriser les grands défis de notre temps. » Le ministre des affaires étrangères de la France, Jean-Yves Le Drian, a lui dessiné, sur Twitter, la feuille de route commune.

« Nous aurons beaucoup à faire ensemble dans cette relation rééquilibrée : sécurité collective, lutte contre le terrorisme, santé publique, climat, commerce, régulation numérique. Nous y défendrons nos valeurs, nos intérêts, la recherche de solutions communes et le multilatéralisme. »

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