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Nigeria: les retombées pour ceux qui bénéficient des services des Agro Rangers [3/3]

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                Mises en place depuis un an, les équipes d’Agro Rangers sont une des réponses des autorités pour combattre l’insécurité et les conflits en milieu rural et milieu urbain. Déployé notamment dans le Borno, ce corps armé se dit bien rôdé aux patrouilles et à la protection des cultivateurs. Des centaines de milliers de paysans ont repris le chemin des champs.
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                                    <p>À chaque coup de houe frappé sur la terre de son nouveau champ, Sodangi retrouve une partie de sa dignité perdue. Ce paysan et pêcheur a fui en 2015 Kukawa, une localité située au bord du lac Tchad. Depuis qu’il a pu rassembler les 50 euros nécessaires, Sodangi a le droit de cultiver ce jardin grand comme un terrain de football.

« Je suis reconnaissant parce que j’ai eu l’opportunité d’obtenir une terre où je peux cultiver et améliorer mon quotidien dans le camp où je vis avec ma famille. Beaucoup de déplacés ici dans le Borno n’ont pas les moyens de sécuriser une ferme. La plupart d’entre nous, nous nous préoccupons de pouvoir avoir au moins un repas par jour quotidiennement, alors vous ne pensez même pas à cultiver. Mais Dieu m’a béni avec ce bout de terre. Et franchement, venir ici, cette modeste chose, a le pouvoir de changer ma vie », soutient Sodangi.

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Pouvoir travailler librement

Pourtant, venir à Kayamla n’est pas simple pour Sodangi. Son champ se trouve à 15 kilomètres de Maiduguri. Il jouxte la route menant à Monguno. Une voie arpentée tous les jours par des membres de Boko Haram. La nuit précédente, un raid des insurgés a eu lieu pas très loin de Kayamla, donc pas très loin de son champ.

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« Chaque fois que nous entendons ces histoires, cela nous fait trembler tout le temps de peur, parce qu’on nous dit que chaque soir, ils sortent commettre des atrocités contre les villages voisins. Donc nous travaillons dans le stress »,raconte Sodangi qui tient à souligner : « Mais chaque fois que nous voyons les Agro Rangers se déployer, nous avons toujours la confiance que nous pouvons travailler librement et rentrer chez nous en toute sécurité. »

Un désir de plus de moyens humains sur le terrain

Les Agro Rangers dépendent de la sécurité et défense civile nigériane. Le commandant Abdulahi Ibrahim est responsable de ce corps pour l’État du Borno.

Cet officier supérieur reste conscient qu’il faudrait encore plus d’Agro Rangers sur le terrain : « Pour l’instant seulement cinq zones communautés de communes sur les 27 que comptent l’État du Borno qui sont sécurisés et libérés de la nuisance de Boko Haram. Vous voyez il y a encore trop d’endroits dangereux. Et comme nous ne sommes pas assez nombreux, il y a plein de lieux où nous allons seulement de temps en temps. Si nous avions assez de moyens humains, ce serait génial… », espère-t-il.

À Kayamla, Sodangi rêve de revêtir un jour un uniforme d’Agro Rangers pour patrouiller chez lui, à Kukawa, dans la région du lac Tchad.

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RFI

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