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Pour l’ONG Acted, « l’humanitaire ne doit plus seulement panser le monde, il doit le penser et se repenser »

Tribune. Il est au sein du patrimoine mondial de l’humanité un édifice fragile, méconnu, mais précieux entre tous : l’espace humanitaire. Cet édifice s’est bâti pierre à pierre, la première, visible, probablement posée lors de la bataille de Solférino en 1859 par Henry Dunant, médecin suisse et fondateur de la Croix-Rouge. Le bureau de coordination humanitaire des Nations unies (Unocha) le définit comme « un environnement opérationnel qui permet aux acteurs humanitaires d’apporter de l’aide et des services en accord avec les principes humanitaires et sur la base du droit humanitaire international ».

En fait, de quoi l’espace humanitaire est-il le nom ? Ce n’est pas un édifice pur et parfait, comme toute entreprise humaine. Ce n’est pas non plus le paradis. Mais plutôt une oasis fragile et précieuse.

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Bien sûr, les humanitaires sont faillibles. Ils peuvent commettre erreurs et fautes, et parfois, en tant qu’individus, délits, voire crimes. Bien sûr, ils sont porteurs de valeurs, encore perçues par beaucoup comme étant davantage occidentales qu’universelles. Bien sûr, ils se jouent des frontières, ces terribles créations humaines, mais qui peuvent aussi être protectrices pour les peuples. Bien sûr, dans les pays où ils interviennent, le désir croissant des Etats et des opinions publiques d’affirmer leur souveraineté les questionne. Bien sûr, en soignant les plaies, ils ne s’attaquent pas aux racines du mal. Et il y a tant d’autres bien sûr…

Un espace à sauvegarder

Pourtant les crises s’aggravent, le nombre de victimes croît. L’espace humanitaire doit être sauvegardé à tout prix : l’oasis ne doit pas devenir un mirage. C’est un impératif catégorique.

Comme le souligne très justement la tribune « Comment les Etats peuvent contribuer à la protection de l’action humanitaire » de Médecins sans frontières (MSF) (Le Monde du 9 septembre), une organisation que nous avons toujours respectée, il existe une tentation croissante pour les Etats, face au terrorisme, de créer « une ambiguïté entre secours humanitaire et soutien au terrorisme ». Nous notons aussi le terme « criminalisation de l’aide humanitaire ». A chacun ses mots…Camus disait « mal nommer les choses c’est ajouter au malheur du monde. Ne pas nommer les choses, c’est nier notre humanité ». Quels que soient les mots, tous les humanitaires ont une ligne rouge. Toutes les victimes doivent être soutenues pour leur éviter la double peine : ce qu’elles subissent déjà, et l’absence de secours.

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Le monde

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