Close

RCA : pourquoi la modification partielle de la loi électorale inquiète-t-elle le leader du KNK François Bozizé ?


Bangui, République centrafricaine. Le 15 septembre 2020, après un conseil des ministres extraordinaire, l’opinion apprenait que le code électoral est redevenu un avant-projet. Celui-ci contenait lesdites modifications a été présenté à l’Assemblée nationale qui a ouvert une session extraordinaire le 18 septembre avant de l’adopter avec une large majorité ce mercredi 23 septembre. Mais pourquoi procéder à la modification de la loi électorale à moins de trois mois des élections sans un large consensus préalable ? Le chef de l’État A-t-il au cœur la volonté d’écarter certains de ses adversaires candidats dans la course ? Si oui, lesquels ?


Voté avec une majorité écrasante des députés présents dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, le nouveau code électoral version modifié, s’il est déclaré conforme à la Constitution, il autorisera le président Touadera à convoquer le corps électoral au plus tard, 45 jours avant le jour du scrutin et ceci ouvrira la voie au dépôt des candidatures dès le 1er novembre selon le nouveau calendrier de l’ÂNE encore provisoire.

D’après une enquête réalisée par CNC auprès de certains cadres du MCU, le parti au pouvoir, la modification d’une partie de la règle du jeu aux heures proches de la prolongation à a été étudié par plusieurs conseillers de Touadera.

D’après ces cadres, l’objectif visé est de rendre inéligible la candidature de l’ancien président et ancien patron de Touadera François Bozizé, qui a refusé l’offre de ce dernier malgré la médiation de plusieurs chefs d’État de la région.

En quoi cela peut être possible ?

En exil depuis 2013 après son renversement par la Séléka, le retour au bercail de François Bozizé a été annoncé par l’honorable Bertin BÉA, secrétaire général de son parti, le KNK, un lundi 16 décembre 2019. Le lendemain matin, 17 décembre 2019, après un échange téléphonique avec Fidel Gouandjika, ministre conseiller de Touadera, Bertin BÉA, à la tête d’une délégation de son parti, a fait le tour des ambassades des pays voisins pour annoncer le retour de leur leader et le soir, il a fait une première apparition publique.

Pour les conseillers du président Touadera, tout le monde sait que François Bozizé vit en exil en Ouganda, loin de son pays. Certes, il peut rentrer en catimini comme il l’a fait en violation des sanctions onusiennes, mais il ne sera pas en mesure de le prouver sur un support papier.

« Toute entrée sur un territoire quelconque doit être signalée aux frontières et la police des frontières doit apposer un cachet dateur d’entrée sur le territoire en question. Ce qui n’est pas le cas de François Bozizé qui ne disposait pas de passeport ni de laissez-passer en vue de remplir cette formalité lors de son entrée sur le territoire centrafricain », rapporte un conseiller sous couvert de l’anonymat.

« En souhaitant vivre dans la clandestinité jusqu’à ce qu’il soit reçu par le président Touadera après avoir en fait la demande le 18 décembre 2019, l’ancien Président François Bozizé ne fait que dissimiler sa présence sur le sol centrafricain en plus », a rajouté notre interlocuteur avant de conclure en jetant dans les débats, un jour qu’il a considéré comme un jour de commencement des preuves : « Nous pouvons considérer le jour de mardi 21 janvier 2020, le jour qu’il a été reçu par le président Touadera qui a ordonné que l’État mette à sa disposition des véhicules, des militaires pour sa protection et lui délivre un passeport que l’on peut considérer ce jour comme le jour de son retour et donc la fin de feuilleton qui a tenu en haleine tous les Centrafricains ».

Pour l’ancien président François Bozizé, il ne fait aucun doute que c’est lui qui est visé dans cette affaire. « En ce qui me concerne, rien ne m’empêche d’être candidat et c’est la raison pour laquelle on est en train de monter toutes sortes de scénarios pour m’éliminer. Pourquoi » s’est-il interrogé lors d’une conférence de presse de la coalition de l’opposition démocratique à l’annonce de ce projet de loi démocraticide ?

Et d’ajouter : « Vous vous rendez compte, en tant qu’ancien chef de l’État, je deviens persona non grata chez moi… ». « … ce n’est pas en mettant Bozizé à l’écart des élections que la République centrafricaine va se transformer… » s’acharne-t-il.

En claire, un candidat de poids est visé dans cette affaire et tout report des élections au-delà de 27 décembre 2020 risque de rendre à néant, le peu d’électorats de Touadera et des candidats MCU aux législatives.



Gisèle MOLOMA

Laisser un commentaire

0 Comments
%d blogueurs aiment cette page :
scroll to top