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RDC : en Ituri, le retour à la paix se fait attendre

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Un véhicule de l’ONU patrouille en Ituri (RDC), en 2018.

En Ituri, les habitants vivent toujours dans la peur, hantés par les souvenirs des atrocités de la guerre passée (1999-2003) qui a tué des dizaines de milliers de personnes. Des milices continuent de sévir dans cette province du nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), frontalière de l’Ouganda et du Soudan du Sud, où des massacres, le plus souvent non revendiqués, ont repris.

Mardi 8 et jeudi 10 septembre, 58 personnes ont été tuées dans le sud de la province, selon les autorités locales. Celles-ci attribuent ces derniers massacres aux Forces démocratiques alliées (ADF), un groupe armé d’obédience islamiste ougandais qui sème la terreur dans la région de Beni, dans la province voisine du Nord-Kivu. Les ADF ont prêté allégeance à l’organisation Etat islamique en octobre 2017, et multiplient les incursions meurtrières. Ils ne sont pas les seuls.

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A la machette, à la lance ou à la flèche empoisonnée, et parfois à l’arme de guerre, près de 1 000 morts ont été comptabilisés depuis 2017 en Ituri par les Nations unies et environ 550 000 personnes se sont déplacées, pour la plupart des membres de la communauté hema, principalement des éleveurs. « Manifestement, cela ressemble à une tentative de génocide », avait déclaré le président Félix Tshisekedi il y a un peu plus d’un an, s’engageant à rétablir la paix lors d’une visite à Bunia, chef-lieu de la province.

Dans cette ville, près de 200 miliciens sortis de la brousse, bandeau blanc au front et plutôt bien armés, ont fait irruption le 4 septembre au matin. D’un pas décidé, ils ont feint de vouloir déposer les armes mais se sont dirigés vers la prison centrale, où des centaines de leurs frères d’arme croupissent, sans être inquiétés par les forces de sécurité qui ont fini par les accompagner puis les évacuer à bord de leurs véhicules.

Colère envers les autorités

L’incident a ravivé une certaine psychose au sein de la population, mais aussi de la colère envers les autorités, incapables d’endiguer les tueries et d’empêcher des responsables présumés de massacres de parader en plein centre-ville. « L’armée ne laissera pas les actes comme ça se faire une deuxième fois », a mis en garde le gouverneur de l’Ituri, Jean Bamanisa, depuis Kinshasa, la capitale congolaise.

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