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Remaniement du gouvernement français

Le président français Emmanuel Macron amorce vendredi un virage politique pour donner un nouveau cap à la deuxième partie de son quinquennat, avec la démission de son gouvernement et la formation d’une nouvelle équipe.

Jean Castex, haut fonctionnaire, maire de droite d’une petite ville et relativement inconnu du grand public, a été nommé au poste de premier ministre, en remplacement d’Édouard Philippe, a annoncé vendredi l’Élysée.

Ex-collaborateur de Nicolas Sarkozy, Jean Castex, 55 ans, maire LR (Les Républicains) de Prades (Sud-Ouest), est depuis avril le délégué interministériel chargé du déconfinement.

Comme attendu, le premier ministre Édouard Philippe, en poste depuis le début du mandat de M. Macron en 2017, avait remis la démission de l’exécutif en matinée au Palais de l’Élysée.

La démission a été acceptée et « un nouveau premier ministre sera nommé dans les prochaines heures », a précisé l’Élysée. Ce nouveau chef de gouvernement formera ensuite, en accord avec le président, une nouvelle équipe, sans doute dans les prochains jours.

Selon des sources concordantes ayant parlé à l’AFP, Édouard Philippe ne restera pas chef de ce nouveau gouvernement. Et ses fidèles semblent convaincus de son départ. Gilles Boyer, un de ses très proches, a tweeté : « fier des 1145 jours d’EPhilippePM à Matignon et merci à @EmmanuelMacron de lui avoir fait confiance ! ».

Issu de la droite, n’ayant jamais adhéré au parti présidentiel, Édouard Philippe est plus populaire qu’Emmanuel Macron, selon les sondages d’opinion.

Pour le remplacer, les proches du président citaient ces derniers jours la ministre des Armées Florence Parly, la présidente de l’Ile-de-France (région parisienne), Valérie Pécresse, ou Jean Castex, le haut fonctionnaire chargé du plan de déconfinement pour l’épidémie de COVID-19.

En attendant d’être remplacé, le gouvernement sortant expédie les affaires courantes, et à l’Assemblée nationale, où était examiné le troisième projet de budget rectifié, la séance a été suspendue. Du fait de la démission du gouvernement, « nous allons interrompre nos travaux », a indiqué le président de séance.

La composition du nouveau gouvernement devrait être connue avant mercredi, date prévue du prochain conseil des ministres, selon l’entourage du président.

« Nouvelle étape »

Le nouveau gouvernement devra « mettre en œuvre la nouvelle étape du quinquennat, le projet de reconstruction sociale, économique, environnementale et locale », a fait savoir l’Élysée.

Après trois ans de pouvoir, après avoir conduit des réformes controversées comme celles de l’assurance chômage, traversé plusieurs crises, comme celle des manifestants Gilets jaunes ou la crise sanitaire du COVID-19, Emmanuel Macron avait annoncé un nouveau souffle, une nouvelle orientation, un besoin, selon ses mots de « se réinventer », alors qu’il n’est pas très populaire et que le pays se prépare à subir un fort contrecoup économique du fait de la pandémie.

« J’ai ma part de maladresse. J’ai parfois considéré qu’il fallait aller vite sur certaines réformes. Cela ne peut marcher que par le dialogue. J’ai beaucoup d’ambition pour notre pays. J’ai parfois donné le sentiment de vouloir faire les réformes contre les gens », a-t-il déclaré dans un entretien publié vendredi dans la presse régionale.

Pour autant « le cap sur lequel je me suis engagé en 2017 reste vrai », a-t-il réaffirmé. Le prochain gouvernement sera chargé d’appliquer le « nouveau chemin » qu’Emmanuel Macron a commencé à dessiner, avec une priorité sur la politique de santé, le grand âge et un plan pour la jeunesse.

Même s’il s’en défend, ce remaniement permettra aussi à Emmanuel Macron de garder en ligne de mire et éventuellement se positionner pour la prochaine élection présidentielle en 2022.

Le changement d’équipe intervient dans la foulée du deuxième tour des élections municipales dimanche 28 juin, marqué par une forte abstention, un revers pour le parti présidentiel La République en marche et une poussée écologiste dans les centres urbains.

Pour ce « gouvernement de combat », « nous aurons peu de priorités : la relance de l’économie, la poursuite de la refondation de notre protection sociale et de l’environnement, le rétablissement d’un ordre républicain juste, la défense de la souveraineté européenne », a déclaré le président à la presse régionale, estimant qu’il fallait « de nouveaux visages », de « nouveaux talents », « des personnalités venues d’horizons différents ».

« Le choix des hommes et des femmes est important mais les ambitions pour le pays sont plus grandes que nous », a-t-il assuré.

Le devoir

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