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Série : «Valoriser la recherche et l’innovation au Sahel» [3e et dernier volet]

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                « Ça fait débat avec Wathi » continue, avec ce dernier volet de la série sur l’état de la recherche au Sahel. Marième Cissé vous avez intégré des centres de recherche en sciences sociales et même des organisations à mi-chemin entre recherche et plaidoyer dans votre projet de valorisation de la recherche et de l’innovation au Sahel. Pourquoi ce choix ?
            </p><div readability="80.369649805447">

                                    <p>Parce que cette vision ouverte de la production et de la diffusion des savoirs pour transformer nos sociétés correspond à l’identité même de Wathi. Nous avons réalisé des entretiens avec des chercheurs dans les domaines de la santé, de l’environnement ou de l’agriculture mais aussi dans les domaines des sciences sociales, parce que la compréhension de la société est évidemment extrêmement importante pour trouver des solutions à nos problèmes. Les travaux du Réseau national de lutte anti-corruption par exemple, dont nous avons rencontré le secrétaire exécutif Sagado Nacanabo, ont beaucoup contribué à l’élaboration d’une loi anti-corruption au Burkina Faso. Cette loi ne fait pas que des heureux dans le pays parmi ceux qui ont occupé des fonctions publiques et sont aujourd’hui poursuivis pour enrichissement illicite. Nous pouvons aussi parler du Centre d’information, de formation et d’études sur le budget, qui travaille pour la bonne gouvernance économique et financière à travers des projets de renforcement de la redevabilité et du contrôle citoyen des dépenses publiques. Tout comme le Centre pour la gouvernance démocratique qui est une structure de recherche qui apporte sa contribution à l’amélioration de la qualité des politiques publiques au Burkina Faso.

Vous vous êtes aussi intéressés à l’innovation portée par des initiatives privées, notamment par des jeunes qui créent des start-ups ?

Tout à fait. Notre ambition est de valoriser non seulement les centres de recherche mais aussi l’esprit d’innovation. Il faut encourager des jeunes qui proposent des solutions innovantes. C’est le cas notamment de la start-up Faso Drone, qui a développé des solutions pour les acteurs évoluant dans les domaines de l’agriculture, des mines, de la santé, du développement urbain ou encore de la protection de l’environnement. Issouf Ouattara, jeune ingénieur aérospatial qui en est le co-fondateur, a partagé avec nous une de leurs réalisations qui est la fabrication de drones pour la livraison de produits médicaux comme les poches de sang et certains vaccins. C’est une innovation très utile, qui permettrait de résoudre le problème sérieux de la conservation des produits médicaux surtout dans les zones les plus isolées du pays.

Quels sont les messages adressés par ces chercheurs et dirigeants de centres de recherche que vous avez rencontrés aux décideurs politiques ?

Ils estiment qu’ils ne sont pas suffisamment sollicités dans le processus de prise de décision. Ils ne sont appelés à la rescousse que lorsqu’un programme ou une politique ne fonctionne pas. Leur premier message aux décideurs, c’est qu’ils souhaitent être impliqués dès le début dans la conception des programmes et des politiques pour contribuer à la définition des paramètres à prendre en compte, des dimensions à considérer, à l’identification des ressources nécessaires pour atteindre les objectifs fixés. Le Dr Mathieu Badolo du Centre africain de recherche scientifique et de formation estime que la voie la plus indiquée est d’accueillir des cadres publics dans des centres de recherche en séjour scientifique, qui vont ensuite être dans des positions de prise de décision dans les ministères. Il estime que les universités publiques sont en train de mourir et d’être remplacées par des instituts supérieurs privés qui ne font pas de la recherche. Il craint que ce ne soit le « coup de grâce » pour l’Afrique si la recherche publique continue à être négligée. Il évoque aussi le fait que les jeunes chercheurs qui sont dans les centres de recherche, souvent les meilleurs, « cherchent à attraper un boulot à la Banque mondiale, au PNUD ou ailleurs », pour reprendre ses mots. Et nous savons qu’il s’agit là d’une réalité qui ne menace d’ailleurs pas seulement le milieu de la recherche. Les propos des hommes et des femmes que nous avons rencontrés dans leurs lieux de travail à Ouagadougou, Nanoro ou Bobo-Dioulasso, nous ont en tout cas convaincus de l’opportunité de ce projet, que nous poursuivons en ce moment même en explorant le paysage de la recherche au Mali.


L’intégralité de ces entretiens avec les chercheurs au Burkina Faso peut être consulté sur le site de Wathi.

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RFI

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