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Sortie BD: «Dictature à Brickaville», suite de la saga haletante et réaliste de Pov et Dwa

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Voilà six ans que les afficionados de la bande dessinée ont dû patienter avant de pouvoir se délecter à nouveau des frasques de Rémy, cet étudiant malgache aussi attachant que magouilleur. Après Mégacomplots à Tananarive (2011) et Coup d’État à Tamatave (2014), la sortie du 3e tome des aventures de ce héros malgré lui était très attendue.Dans Dictature à Brickaville, les auteurs nous plongent dans les champs de canne à sucre de la côte Est de l’île. Rémy, parti faire un stage de fin d’études dans l’industrie sucrière, se retrouve empêtré dans le trafic de Toaka Gasy, ce rhum de fabrication artisanale, distillé de manière clandestine en brousse pouvant atteindre les 75°. Une intrigue d’une actualité bluffante…

« Après les deux premiers tomes, c’est un tome qu’on attendait parce que c’est un personnage que j’aime bien, qu’on aime bien dans la famille. »

Mia est passionnée de Bande-dessinée. Dans sa bibliothèque fournie, beaucoup d’ouvrages malgaches, à commencer par les précédentes aventures de Rémy.

« C’est une caricature de plein de jeunes qui se cherchent. J’ai hâte de découvrir, mais j’avoue, je ne sais pas trop à quoi m’attendre ! Le thème est original, il ne se passe jamais rien à Brickaville. Tomber dans le trafic de toaka gasy, c’est complètement d’actualité aujourd’hui, c’est un peu prémonitoire. »

Mia ne devrait pas être déçue. Six ans après le dernier tome, les auteurs offrent aux lecteurs un récit plein de rebondissements et d’inattendus. Dwa est le scénariste et le story-border :

« On avait besoin de grandir un peu avant de revenir sur ce personnage-là. Il est toujours étudiant. Mais l’intrigue ne se passe plus à l’université, il y a du toaka gasy en jeu, l’alcool artisanal frelaté très fort, et qui, avant cette année était interdit à la vente. Quand on a écrit la base de l’histoire, on ne connaissait pas le milieu. Il y a deux ans, pour un autre travail, je me suis rendu à Brickaville et j’ai cherché à voir des gens qui fabriquent cet alcool et ça a nourri l’histoire. »

Corruption, trafic, conflits d’intérêts. Dictature à Brickaville nous plonge dans un Madagascar contemporain. Le dessinateur et coscénariste POV, connu également pour dénoncer chaque jour les agissements des gouvernants de la Grande Île dans ses dessins de presse, assume ce parti pris :

« C’est ma profession, c’est devenu une seconde nature, ça transpire dans ma BD également. Ces problèmes de la société malgache sont endémiques, chroniques. Il y a certaines choses que je ne pourrais pas traiter dans le journal. Et la BD est là aussi pour l’évacuer d’une autre manière. »

Le 16 juin 2020, quelques jours après la remise des planches à l’éditeur, les députés malgaches votent en faveur de la légalisation du toaka gasy – à condition que sa teneur en alcool ne dépasse pas les 44%. Une actualité qui fait incroyablement écho à la chute – coup de poing – de la BD. Pov :

« Notre BD c’est de la fiction, mais tout de même je ne serais pas étonné que certaines activités de la vie nationale soient financées par le trafic de toaka gasy. »

Déjà disponible dans les librairies en Europe, la BD devrait arriver sur les présentoirs malgaches d’ici la fin du mois d’août.

RFI

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