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Violences dans le Sud-Kivu: près de 70 groupes armés se rencontrent à Bukavu

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                Près de 70 groupes armés sont réunis depuis ce lundi à Murhesa dans le territoire de Kabare, au Sud-Kivu, près de Bukavu, pour évoquer les questions de sécurité et de leur processus de DDR (désarmement, démobilisation, réinsertion). Une rencontre organisée par trois ONG spécialisées dans la résolution des conflits. C’est la première fois qu'une rencontre de ce type se tient avec un tel niveau de représentativité du côté de l’Etat.
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                                    <p>Pour ce premier jour, étaient présents, entre autres, le ministre délégué à la Défense, un responsable de l’ANR au niveau national, le ministre provincial de l’Intérieur et presque tous les groupes armés et communautés en conflit représentés. Une première rencontre avait eu lieu dans la paroisse de Murhesa en décembre avec un plus faible niveau de représentativité du côté de l’Etat. Elle avait abouti à des recommandations et même un calendrier d’actions restés sans suite.

Le chef de bureau de l’ONG Search For Common Ground à Bukavu, Koffi Gervais, espère que cette fois-ci sera la bonne. « Nous avons pris conscience que tous les engagements que nous sommes en train de prendre en terme de développement, si nous ne faisons pas attention à la question de la cohésion sociale et transformation des conflits, cela risque d’impacter sur la dynamique cohésive des communautés. En décembre nous avons eu à initier Murhesa 1 qui était ressortie des recommandations, mais fort malheureusement du fait de Covid-19 beaucoup des points en liens avec ces recommandations n’ont pas connu un niveau d’exécution. C’est pour cela que nous avons relancé encore les autorités à un plus haut niveau, au niveau nationale, pour leur implication effective ».

De 38 à 70 groupes armés en quelques mois

Mais la multiplication des groupes armés complique la situation. De 38 en décembre, ils sont désormais près de 70, notamment en raison des dissensions internes. Ce qui a fait d’ailleurs que des groupes comme celui de Yakutumba ne se présentent pas. Certains de ses anciens lieutenants, très actifs, ont revendiqué leur place autour de la table. Pourtant, officiellement, dans cette initiative, pas question d’une prime à la rébellion.

Même si cela faisait partie des revendications en décembre, ces groupes avaient renoncé dans leur communiqué final à demander une amnistie générale, leur réintégration avec des grades au sein de l’armée ou même des opérations conjointes avec les forces de sécurité. Toutes ces dispositions qui empêcheraient tout financement par la communauté internationale

Travail avec les communautés

Alors comment expliquer les difficultés que rencontre ce type de processus ? La question du DDR, ses conditions et son financement continue de faire débat, notamment entre exécutifs provinciaux et pouvoir central. L’option promue par les trois ONG organisatrices de cette rencontre – l’Initiative pour un leadership cohésif, Search for Common Ground et l’ADCI – est la création d’un programme de désarmement, réinsertion et même réconciliation communautaire, pour réintégrer les anciens combattants dans leurs communautés d’origine. Jusqu’ici, ce programme était géré par l’armée à grands frais et les ex-combattants étaient cantonnés, et parfois même exilés dans d’autres provinces, sans véritable prise en charge.

Le ministre délégué à la Défense Sylvain Mutombo préconise un processus de DDR au sein des communautés. « Après ces travaux, le gouvernement congolais ensemble avec tous les miliciens et les responsables des groupes armés qui opèrent ici prendront des engagements, et nous aurons à renouveler les orientations face à la réalité en présence. Aujourd’hui c’est de continuer pour la mise en place d’un calendrier qui sera soumis au commandant suprême pour approbation, laquelle mettra en œuvre tous les mécanismes de financement afin de commencer la procédure de reddition, de réinsertion et de réintégration de tous ces miliciens à travers la République. Il n’y a rien de lié à la collaboration mais nous allons nous battre pour qu’il y ait l’intégration, la réinsertion et le désarmement et la réduction des groupes armés en impliquant toute la communauté de l’Est de la République. »

Au total 152 représentants des groupes armés y participent. Ils affirment qu’ils sont prêts à répondre à l’appel du président Tshisekedi à déposer des armes, si leurs demandes sont prises en compte.

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RFI

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