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Vols de zébus à Madagascar: dix personnes tuées lors d’une opération des gendarmes

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Dans l’Ouest de Madagascar, une arrestation judiciaire a mal tourné. Samedi 16 août, dans le district de Miandrivazo, un territoire classé « zone rouge » du fait de la recrudescence des vols de bovidés, une soixantaine d’éléments des forces d’intervention de la Gendarmerie nationale ont dû faire usage de leurs armes contre la cinquantaine de malfaiteurs pourchassés. Le bilan de l’opération fait état de dix morts, côté suspects, deux blessés côté gendarmerie, et onze arrestations.

Avec notre correspondante à Antananarivo,Sarah Tétaud

L’opération consistait à appréhender ces hommes, suspectés d’être les auteurs de l’assassinat du maire de la commune rurale d’Ampanihy, le 12 août, et de plusieurs vols de zébus appartenant à des villageois de la région, les semaines passées. Les interpellations sanglantes sur l’Île ont été plusieurs fois pointées du doigt par l’institution en charge de la protection des droits de l’homme.

Samedi 15 août, les forces d’intervention de la gendarmerie nationale, informées de la position des présumés assassins de Joseph Rakajilahy, chef du Centre de santé de base de Beteva et maire de la commune rurale d’Ampanihy, reçoivent l’ordre de les capturer.

« C’est un groupe de malfaiteurs très connu dans cette région enclavée. Ils ont commis pas mal de vols de bœufs et d’attaques comme celle dont le maire a été victime. Et en cours de route, samedi, notre compagnie a été victime d’une embuscade de ces mêmes malfaiteurs. Ce qui fait qu’à l’approche du village de Beteva, un des gendarmes a été victime d’un tir. Au moment de l’évacuation du blessé, là il y a un deuxième accrochage parce que les malfaiteurs ont poursuivi les gendarmes en faisant feu. Un autre gendarme a été blessé au ventre. Les éléments de gendarmerie ont donc décidé de se protéger contre cette attaque et ont fait usage de leurs armes », résume ainsi le déroulement des faits, le colonel Zafisambatra Ravoavy, directeur de la sécurité et des renseignements du commandement de la Gendarmerie Nationale.

L’affrontement fera deux blessés, côté gendarmes, dix morts, côté dahalos [nom donné aux voleurs de zébus] et onze arrestations, d’après la gendarmerie qui indique qu’une trentaine de malfaiteurs a réussi à prendre la fuite. « Il n’est pas question de penser que la gendarmerie a fait une bavure. Ce sont les gendarmes qui sont victimes dans cette attaque. Pour se protéger, ils ont été obligés de riposter », explique-t-il.

Enquête en cours

Une enquête diligentée par la police judiciaire est en cours pour « obtenir plus de précisions sur l’identité des malfaiteurs et arrêter leurs complices », ajoute le colonel.

La Commission nationale indépendante des droits de l’Homme (CNIDH), vigilante face à ce genre d’opération sanglante, ne s’est pas encore exprimée publiquement. Avant d’émettre un quelconque avis, l’institution se doit de procéder à une collecte de versions contradictoires des faits, comme l’explique son rapporteur, Seth Andriamarohasina.

« Exécutions sommaires, bavure ou légitime défense ? La gendarmerie a donné sa version. Mais la version de l’autre camp, jusqu’à présent, on n’en a pas entendu parler. Il faut savoir les circonstances réelles de l’affrontement. Et c’est ça qu’il faut aller voir sur terrain », souligne-t-il. La CNIDH espère se rendre sur place, dans les plus brefs délais.

► À lire aussi : Madagascar: y a-t-il eu des dérapages de l’armée dans la chasse aux dahalos ?

RFI

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